Mercredi 28 septembre 2022
Le cabinet de curiosités par François Lafon
mercredi 23 décembre 2020 à 11h55
Anniversaire Beethoven, suite : A l’écoute des Quatuors, par Bernard Fournier. Exemple parfait de grand écart, pour ne pas dire d’« en même temps » : appâter le néophyte tout en éclairant le connaisseur. L’ouvrage commence très fort : en une introduction d’une vingtaine de pages, Fournier - dont l’Histoire du quatuor à cordes en trois volumes (Fayard) est un Himalaya escarpé mais du haut duquel le paysage mérite l’effort -, brosse le décor, croque le personnage et ouvre les perspectives. Un petit chef-d’œuvre en soi, qui va aider le lecteur à tenir la corde au long des dix-sept chapitres (16 Quatuors plus la Grande Fugue) couronnés par une conclusion digne de l’introduction, dont la citation de Breton (p. 274) « Les oeuvres de Beethoven frémissent des réflexes de l’avenir » pourrait servir de frontispice. L’exploit est notable : quel corpus, plus encore que les 32 Sonates pour piano, nous ouvre – au risque de se perdre - aussi grandes les portes de l’atelier beethovénien ? Utile à tous, un petit glossaire termine l’ouvrage. Après cela, quelle(s) version(s) des œuvres écouter ? Là, le guide Fournier nous lâche la main : passer de l’éternel au contingent est une autre histoire. 
François Lafon

A l'écoute des Quatuors de Beethoven, par Bernard Fournier. Buchet-Chastel, 298 p., 20 euros

mercredi 2 décembre 2020 à 22h05
Beethoven selon Moscheles, projet de recherche des Hautes Ecoles de Musique de Suisse Romande. Sous ce titre pointu, un court reportage dû à l’historien et praticien de l’opéra Aurélien Poidevin (entre autres co-auteur d’une éclairante Scène lyrique autour de 1900 – voir ici). Réservé aux professionnels ? Pas seulement. En étudiant la deuxième édition des Sonates pour piano de Beethoven menée à bien en 1858 par le virtuose Ignaz Moscheles - lequel déplorait déjà qu’on ne sache plus utiliser la pédale comme à l’époque de leur création -, le groupe de mordus réunis par le spécialiste des instruments historiques Pierre Goy illustre, exemples à l’appui, le comment mais aussi le pourquoi de l’interprétation « historiquement informée ». Cela pourrait s’appeler Des pieds et des mains : utilisation de la pédale pour des effets (de vrais coups de théâtre), « jeu lié » obtenu par le contrôle du relevé des doigts et non, comme on le fera plus tard, par l’emploi de ladite pédale, travail d’interprète-recréateur devant des partitions où la pédalisation est peu indiquée mais devait être cruciale (« Nous sommes devenus des ayatollahs de la pédale », plaisante un participant). Sur trois superbes instruments (Un Weiss de l’époque de Beethoven, un Erard de celle de Moscheles et un Bechstein fin XIXème) et dans le cadre adéquat (bien que peuplé d’armes et armures) du Musée d’art et d’Histoire de Genève, c’est plus qu’à un retour aux sources que l’on assiste. Et tout cela en un quart d’heure… 
François Lafon

Pour voir le film, c'est ici

 

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