Mercredi 14 novembre 2018
Tensions et cassures
Daniel Harding ne se laisse pas attendrir par la 5ème de Mahler
Symphonie n° 5

« Une grande série d’absurdités qui charment par leur terrifiante étrangeté » : ainsi l’écrivain Paul Hiller définissait-il la 5ème Symphonie de Mahler, première de la « période médiane » du compositeur, surtout dépourvue d’un thème prémâché aidant à s’y retrouver dans cette forêt d’idées, conduisant tout de même - thème mahlérien s’il en est - des ténèbres à la lumière, du do dièse mineur initial au ré majeur final. Entre temps, que de contrastes et de péripéties, de la Marche funèbre introductive (comme une Marche nuptiale de Mendelssohn en version sombre) à l’évanescent Adagietto popularisé par Luchino Visconti (Mort à Venise), lui-même suivant un Scherzo géant (presque 20 minutes) mêlant ländler rustiques et valses aristocratiques ! Gageure pour les chefs : trouver l’unité d’ensemble dans l’exacerbation desdits contrastes. Au sostenuto infini de Leonard Bernstein, Daniel Harding, après une 9ème Symphonie sans pitié (voir ici), oppose tensions et cassures, annoncées par le phrasé crispé du solo de trompette initial. On en sort un peu épuisé, tout en reconnaissant que le plan compliqué de l’œuvre s’en trouve éclairé. Comme dans la 9ème Symphonie, l’Orchestre de la Radio Suédoise tient son rang, sans faire oublier ses grands rivaux.
François Lafon

Symphonie n° 5
Orchestre Symphonique de la Radio Suédoise
Direction musicale : Daniel Harding
1 CD Harmonia Mundi HMM 902366
1 h 13 min

mis en ligne le mercredi 14 novembre 2018

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