Dimanche 5 avril 2020
Piano frappé
Survoler et butiner Rameau et Debussy, selon Víkingur Ólafsson
 
Le même, pas pareil
Limpide
et décanté
Vanessa Wagner
Debussy - Rameau Víkingur Ólafsson

Après un premier enregistrement consacré à Philip Glass, puis un second à Bach, notamment transcrit et réécrit par d’autres, le pianiste islandais Víkingur Ólafsson entremêle Rameau et Debussy pour son troisième album. Le créateur, en France, du concerto « Must the devil have all the good times » de John Adams (Radio France, 28/02), apparaît de toute évidence expert dans des partitions qui demandent de l’habilité rythmique. Voilà pourquoi « son » Glass, techniquement irréprochable, peinait dans la clarté de la ligne mélodique. Pour la même raison, « son » Debussy privilégie la linéarité (Jardins sous la pluie, Serenade for the doll !), voire le statisme (Hommage à Rameau), au détriment d’une palette variée. Rameau réagit mieux à ce traitement chirurgical, d’autant que le pianiste accorde plus d’attention aux nuances, quitte à alléger la frappe. Il n’empêche qu’on préfère le piano d’Alexandre Tharaud, si limpide et décanté dans Rameau (HM) ou celui de Vanessa Wagner (Ambroisie), aux vertus ô combien identiques et dans des cycles debussystes entiers… et non butinés.
   Franck Mallet

Rameau : extraits des Pièces de clavecin, 1724 & 1741, et Nouvelles suites de pièces de clavecin, 1726/27 - Debussy, Prélude de La Damoiselle élue L. 62 ; extr. : Estampes L. 100, Children's Corner, Images, Livre I, L. 110, Préludes, Livre I, L. 117
Víkingur Ólafsson (piano)
1 CD Deutsche Grammophon 4837701 (Universal)
1 h 19 min

mis en ligne le dimanche 5 avril 2020

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