Mercredi 23 janvier 2019
Concerts & dépendances
Ouverture de la 4ème saison des « nouveaux » Lundis de l’Athénée, résurgence de la série - devenue culte - créée par Pierre Bergé en 1977. Récital dans l’air du temps (le nôtre) de Julie Fuchs (soprano) avec Alphonse Cemin (pianiste et directeur artistique de ce revival), soirée de mélodies conçue comme un tour de chant, échappant au style « lèvres pincées » naguère épinglé par l’humoriste anglaise Anna Russell. Commentant le programme, annonçant les oeuvres (musiciens et poètes) un peu à la façon Juliette Gréco, Julie Fuchs enchaîne Barbara (Une petite Cantate) et Debussy/Verlaine (Ariettes oubliées), Björk (The sun in my mouth, poème de E.E. Cumings) et George Crumb, dont elle chante le superbe cycle Apparition (poèmes de Walt Whitman) avec un sérieux dans l’étrangeté qui rappelle Cathy Berberian  à l’époque Bergé des Lundis, formidablement secondée par Cemin maîtrisant en virtuose le piano amplifié. Timbre lumineux, jonglant avec les styles et les époques, elle marie aussi Francis Poulenc-Louise de Vilmorin (formidable Aux Officiers de la garde blanche, indirectement adressé à André Malraux) et Cole Porter, affirmant l’éclectisme dont elle s’est toujours réclamée, alors que Deutsche Grammophon annonce son album de bel canto "Mademoiselle". Cinq Lundis encore jusqu’en juin, avec entre autres les barytons Stéphane Degout et Thomas Oliemans, respectivement accompagnés par Alain Planès et Malcolm Martineau.   
François Lafon

Théâtre de l’Athénée, 21 janvier. Diffusion ultérieure sur France Musique (Photo © Sarah Bouasse)

Revelge (Réveil), un des derniers lieder de Mahler sur un poème tiré du recueil « Des Knaben Wunderhorn » (Le cor merveilleux de l’enfant), est un défilé de fantômes après la bataille, une procession de squelettes, une marche implacable que la mort elle-même n’a pu interrompre. On est en 1899, et Mahler trouve ici des accents qui glacent et qui, dans leur diversité, auront chacun leur contrepartie dans l’œuvre symphonique : le côté fantastique  de Revelge dans la Septième, son côté réaliste dans la Sixième (1904). De l’ensemble sortira Wozzeck d’Alban Berg. Malgré ses points de rencontre avec (et ses citations de) Revelge, la Sixième Symphonie est celle de Mahler où le recul de l‘élément lied est le plus net. Dense, énergique, solidement structurée, elle est témoin de luttes furieuses. A la tête de son Orchestre philharmonique  de Radio France, Mikko Franck a fait ressortir sa violence, par une lecture âpre, linéaire, aux sonorités pointues. Mais de ces luttes, l’issue jusqu’au dernier moment ou presque reste indécise. Le finale de la Sixième (une demi-heure à lui seul) est - surtout en son centre - une alternance kaléidoscopique de situations négatives et positives. D’où l’importance, en l’occurrence bien mise en évidence, du dernier épisode, qui entérine la défaite.  La Sixième est la seule symphonie de Mahler qui se termine  « mal », par un chant funèbre des trombones puis par un simple pizzicato qu’on a comparé à une dernière pelletée de terre sur une tombe encore fraîche. Reste que le héros est mort debout.
Marc Vignal
 
Auditorium de Radio France, 18 janvier (Photo © Christophe Abramowitz)

samedi 19 janvier 2019 à 00h43
4ème saison, salle Cortot (Ecole Normale de Musique), du Centre de Musique de chambre de Paris : Beethoven Labyrinthus. Même principe que l’ébouriffant Parlez pas de Mahler ! l’année dernière (voir ici) : un concert-spectacle d’une heure, pédagogique mais pas scolaire, utilisant les outils de notre temps – numérique compris – pour nous faire entrer dans la tête d’un compositeur. Fil conducteur : un film en 3D façon séries décalées d’Arte et une bande son clinique faisant entendre l’évolution de la surdité du musicien, jusqu’à une 9ème Symphonie réduite à un cauchemardesque bourdonnement. Ponctuations musicales : du classique Trio opus 1 n° 3 pour violon, violoncelle et piano à la géniale "Grande Fugue" op. 133 pour quatuor à cordes, « labyrinthe initiatique aussi difficile à jouer qu’à comprendre » selon Jérôme Pernoo, initiateur et metteur en scène du projet, lequel ajoute, parlant pour Beethoven via la voix off du film : « Ma vie, en quelque sorte ». Signature maison : les instrumentistes jouent par cœur et investissent le plateau entier, chorégraphiant la musique avec une bluffante pertinence. Tous seraient à citer … même les sédentaires, tels le pianiste Kojiro Okada (superbe 1er mouvement de la Sonate « Appassionata ») ou le violoncelliste Jean-Baptiste Maizières, autour duquel s’organise l’éclairant ballet de la "Grande Fugue". Autre principe maison : un mini-concert en début de soirée, cette fois un bouquet de Lieder de Richard Strauss par deux lauréats de l’Académie Philippe Jaroussky (voir ) : la soprano kazakhe Anara Khassenova – voix scintillante alla Lucia Popp – pertinemment accompagnée par le pianiste français Vincent Mussat. Autres alléchants programmes de la saison : Bach and breakfast (chantez Bach avec les musiciens), Bœuf de chambre et Souvenir de Tchaïkovski
François Lafon 

Ecole Normale de Musique, Salle Cortot, jusqu’au 26 janvier (Photo : Kojiro Okada © DR)

samedi 12 janvier 2019 à 00h56
Ouverture du premier (sur deux) Week-end Berlioz à la Philharmonie de Paris, avec François-Xavier Roth et Les Siècles (instruments français de 1830). Programme festif, confrontant l’ouverture de l’opéra Benvenuto Cellini et celle du Carnaval romain - géniale extrapolation dudit opéra -, toutes deux encadrant celle de l’opéra-comique Béatrice et BénédictUn caprice écrit avec la pointe d’une aiguille »), le tout suivi de « Roméo seul » et de la « Grande Fête chez Capulet », extraits de la symphonie dramatique Roméo et Juliette. Musiciens survoltés, talent du chef à rendre sensible à nos oreilles modernes le mélange de classicisme et d’étrangeté de ces pièces servant trop souvent de chauffe-orchestre en début de concert. Ex-assistant de Colin Davis et de John Eliot Gardiner - écoles complémentaires d’authenticité berliozienne -, Roth pourrait ajouter le patriarche Charles Munch à ses inspirateurs quand - comme dans la « Fête chez Capulet » - il fait passer l’expression avant la précision. Une expression qui fait merveille en seconde partie dans Harold en Italie, voyage byronien au pays de l’orchestre de l’« alto principal », ce soir celui de Tabea Zimmermann parcourant du murmure aux grands épanchements le spectre des émotions. En bis, la "Marche hongroise" de La Damnation de Faust, désignée par Roth comme le tube berliozien de You Tube (la version De Funès dans La grande Vadrouille ?) Vœu pieux du chef : « Que cet anniversaire marque l’entrée de Berlioz au Panthéon ». Qu’il marque aussi, ajoutera-t-on, la résolution des problèmes financiers qui mettent en péril l’avenir des Siècles. 
François Lafon 

Philharmonie de Paris, Grande Salle Pierre Boulez, 11 janvier. Concert disponible pendant six mois sur live.philharmoniedeparis.fr (Photo : Tabea Zimmermann © Marco Borgreve)

dimanche 6 janvier 2019 à 02h04
Aux Bouffes du Nord, Songs, nouvel opus du collectif La Vie brève, frère pas si jumeau de Demi-Véronique (même lieu - voir ici), peut-être parce que celui-ci a été mis en scène par Jeanne Candel et celui-là par Samuel Achache, tous deux rassembleurs d’idées de la compagnie. Ce sont cette fois les Consort songs anglais du XVIIème siècle qui font spectacle, portés par une trame dramatique rien moins que rationnelle, où un orchestre et des voix revivent hors du temps les états d’âme et peines d’amour mis en musique par Blow, Locke, Purcell, Bannister ou Coperario. Tout cela se passe en fait dans la tête d’une jeune mariée promise à la mort (métaphorique?) : bel effet, au début, de noyade dans sa robe blanche entraînant l’apparition de son monde intérieur, sorte de cimetière d’instruments où fondent et se transforment les tablettes de cire sur lesquelles, selon Platon, s'impriment les paroles et les sensations passées. Une fable métaphysique vécue comme un film des Marx Brothers, la logique émergeant des dialogues (un peu longs) et des mouvements (à peine moins fous que dans les autres spectacles du collectif) relevant du coq-à-l’âne généralisé. Au centre : la mère de la mariée, qui chante alors que celle-ci (et sa sœur – les surréalistes Margot Alexandre et Sarah Le Picard) parlent. Et comme il s’agit de Lucile Richardot, voix d’alto phénoménale accompagnée par Sébastien Daucé et son non moins excellent ensemble Correspondances (le CD est sorti au printemps – voir ici), l’oreille est à la fête, chaque Song trouvant son cadre et sa couleur dans un contexte où il devrait logiquement se perdre. 
François Lafon

Bouffes du Nord, Paris, jusqu’au 20 janvier. A Quimper les 21 et 22 mars, et Tarbes le 27 mars (Photo © Jean-Luis Fernandez)

A l’Auditorium de la Seine Musicale (Ile Seguin), concert des Jeunes Talents de l’Académie Philippe Jaroussky – deuxième promotion « Vivaldi ». Défi de l’année : marier des instrumentistes (et des instruments) modernes avec un ensemble baroque, le très en vue Concert de la Loge dirigé par Julien Chauvin. Au programme Vivaldi bien sûr, mais aussi Bach, parce qu’il était admirateur et adaptateur du Prêtre roux, mais aussi et surtout pour donner sa place au piano, constitutif de l’institution au même titre que le chant, le violon et le violoncelle. Autre défi pour les quatre fois six académiciens : se retrouver, pour un baptême de scène, face à la plus abyssale et à la plus virtuose des musiques, certains morceaux cumulant les deux caractéristiques. Au long de ce marathon de trois heures d’horloge en dix-neuf œuvres ou extraits, les maîtres se mêlent aux élèves : Jaroussky lui-même - voix en apesanteur dans un air d’Il Giustino (Vivaldi) -, Christian-Pierre La Marca jouant le Concerto pour deux violoncelles RV 531 (idem) avec l’excellent élève Thibaud Reznisek, David Kadouch se réservant, seul, un rafraîchissant « Schafe Können sicher weiden » (Bach). Barre haut placée, donc, obligeant l’auditeur à relativiser ses « J’aime » ou « Je n’aime pas » et à se méfier du côté Speed Dating de l’exercice. Peu d’inquiétude cependant pour les sopranos Julie Prola et Amélie Raison, possédant leur Vivaldi jusqu’au bout de la voix, ou pour le contre-ténor Paul-Antoine Benos-Dijian, et applaudissements devant l’assurance d’Hector Burgan (violon) ou la musicalité d’Ingmar Lazar (piano). 
François Lafon

Seine Musicale, Boulogne-Billancourt, 21 décembre (Photo : Julie Prola © DR)
 
A l’Opéra Comique : Hamlet d’Ambroise Thomas. « On peut violer l’histoire à condition de lui faire de beaux enfants, » disait Alexandre Dumas, dont l’adaptation rien moins que philologique de la pièce de Shakespeare a servi de modèle aux librettistes Barbier et Carré.  Résultat : un grand opéra à la française, histoire d’amour (malheureux) et de famille (criminelle) où en lieu et place de « The rest is silence », on chante en guise de (presque) happy end « Vive Hamlet ! Vive notre roi ! » A ce beau monstre remis à la mode par des barytons auxquels on ne refuse rien (Thomas Hampson en tête), le metteur en scène Cyril Teste a appliqué la recette qui lui a réussi la saison dernière dans Festen (une autre histoire de famille, d’après le film de Thomas Vinterberg) : raccords virtuoses entre extérieur (filmé en direct) et intérieur (la scène comme un studio), « jeu transparent » (les acteurs, habillés comme tous les jours, restant eux-mêmes tout en interprétant leurs personnages), le tout faisant appel à une technologie si pointue qu’en ce soir de première, les interférences dues à des mobiles mal éteints ont retardé de dix minutes le début du spectacle. Que de sophistication et d’effets-mode pour un drame romantique paré d’une musique qui fonctionne à défaut d’être mémorable, est-on tenté de se dire. Mais l’ensemble lui aussi « fonctionne », le pirandellisme techno (théâtre dans le théâtre dans le … cinéma) collant tout compte fait mieux au sujet qu’une tentative de réinjection d’une dose de Shakespeare dans un organisme qui l’a si soigneusement édulcoré. Cela va aussi dans le sens du chef Louis Langrée, lequel, avec un Orchestre des Champs-Elysées à sa main, met en valeur les finesses (effets stéréo hardis, première utilisation du saxophone à l’opéra) de cette musique réputée académique. Et puis Stéphane Degout et Sabine Devieilhe forment un couple Hamlet-Ophélie crédible et suprêmement bien-chantant, entouré en particulier de la toujours émouvante Sylvie Brunet-Grupposo en Reine fourvoyée et de l’impressionnant Jérôme Varnier, Spectre du roi assassiné surgissant du public et se perdant dans la foule une fois la justice rendue.
François Lafon

Opéra Comique, Paris, jusqu’au 29 décembre (Photo © Vincent Pontet)

jeudi 13 décembre 2018 à 15h15
Le Purcell Choir (Chœur Purcell) et l’Orfeo Orchestra (Orchestre Orfeo) sont fondés à Budapest par le chef d’orchestre György Vashegyi, en 1990 et 1991 respectivement, pour faire entendre l’un Didon et Enée de Purcell, l’autre Orfeo de Monteverdi, un opéra qui n’avait jamais été donné intégralement en Hongrie. Ces deux formations comptent maintenant parmi les plus respectées du pays et sont les principales à s’y consacrer au répertoire baroque et des alentours de 1800, sans oublier ni Gesualdo (avant) ni Mendelssohn (après). Elles ont créé en Hongrie d’innombrables opéras et oratorios, et ont produit avec leur fondateur des enregistrements remarqués de Charpentier, Rameau (Les Fêtes de Polymnie - voir ici - et Naïs), Mondonville, Michael Haydn ou encore Méhul. On vient de les entendre à Paris dans l’Oratorio de Noël de Bach, plus précisément dans quatre des six cantates qui composent l’ouvrage. Ces cantates ne sont pas simplement juxtaposées, il s’agit bien d’une seule et même histoire, débutant par le recensement à Bethléem et se terminant par l’adoration des Rois Mages. Bach prévoyait  une exécution non pas d’un seul tenant, mais répartie sur les six jours de la fête de Noël, du 25 décembre au 6 janvier. On a pu apprécier une interprétation aux sonorités transparentes (trompettes et timbales à la fois  présentes et  discrètes), combinant la légèreté avec l’élan (chœur initial de la cantate V pour le Nouvel An), fervente et d’un beau sentiment intérieur dans les chorals, servie par un chef dirigeant des deux mains et aux gestes expressifs, de bons solistes et un chœur d’une trentaine de chanteurs. Un Bach chargé d’humanité, proche de la congrégation des fidèles.
Marc Vignal
 
Eglise Saint-Roch, 12 décembre (Photo © DR)

mardi 11 décembre 2018 à 10h02
Aux Bouffes du Nord, dans le cadre de La belle Saison, Roger Muraro joue Debussy, Albeniz et Messiaen. Un crescendo : les 1ère, 3ème et 5ème des douze Etudes du premier, dont il vient d’enregistrer l’intégrale pour Harmonia Mundi, sont comme il se doit (mais le but est rarement atteint) techniques, référentielles et ironiques vis-à-vis desdites références. Cela fait entendre différemment le premier des quatre cahiers d’Iberia (qu’il a enregistrés il y a une quinzaine d’années pour Accord. Les réenregistrera-t-il ?), la rêveuse Invocacion initiale et le cocktail explosif/langoureux d’El Puerto débouchant une Fête Dieu à Séville plus colorée et imagée que jamais, sorte de point de non-retour des possibilités du piano (mais pas du pianiste, qui en a encore « sous les doigts »). Reste (si l’on peut dire) après l’entracte à tendre à la fin du temps selon Messiaen. Avec Fanny Robillard (violon), Raphaël Perraud (violoncelle) et Patrick Messina (clarinette), célestes dans leurs illustres solos, il tient le cap : « suggérer le sens de l’éternité, tout en restituant l’exactitude des rythmes, des couleurs, des plans sonores, et enfin de garder une ligne avec l’émotion le plus pure et intense ». Cela donne un Quatuor pour la fin du temps qui - s’il est lui aussi enregistré - restera « de référence ».
François Lafon
 
Bouffes du Nord, paris, 10 décembre. Tournée, jusqu’au 18 avril, à Cherbourg, Saint-Omer, Bézier, Coulommiers (Photo : Roger Muraro © Bernard Martinez)
 
samedi 8 décembre 2018 à 02h10
A Morsang-sur-Orge (Essonne), salle Pablo Neruda : Beethoven, Lalo, Dujoncquoy par l’Orchestre des Concerts de Poche. Flash back : en 2005, la pianiste Gisèle Magnan s’inspire du Livre de Poche (transport facile) et du Théâtre de Poche (Small is beautiful) pour apporter la musique là où elle ne va pas. Devise : « Pas de concerts sans ateliers, pas d’ateliers sans concerts ». Objectif : « Mettre chacun en position de créateur ». Succès rapide : 13 concerts et 21 ateliers au départ, cette année 100 concerts et 1 500 ateliers, 350 artistes visitant 260 villages et quartiers de la France entière, 41 000 participants et spectateurs, le financement étant partagé à parts égales entre subventions publiques, mécénat et recettes propres. Du socio-culturel, mais avec quelque chose en plus, tenant à la personnalité de Gisèle Magnan, élevée en tant que soliste dans la cour des grands (elle a renoncé à sa carrière pour s’occuper à temps plein des Concerts de Poche), et ayant tout naturellement maintenu le niveau. A l’affiche cette année, Karine Deshayes, Michel Dalberto, Henri Demarquette, Augustin Dumay, Thomas Enhco, le Quatuor Ebène et beaucoup d’autres, auxquels, dans le même esprit, s’ajoute le tout nouvel Orchestre « de Poche » : treize musiciens, mais pas n’importe lesquels (le Quatuor Aquilone pour les cordes, le Quintette Artecombo pour les vents), dirigés par David Walter, hautboïste, compositeur, transcripteur et pédagogue. Salle comble à Morsang pour une 1ère Symphonie de Beethoven finement transcrite (par le chef) et une Symphonie espagnole de Lalo où la charismatique Vassilena Serafimova (une habituée de l’institution) remplace le violon solo … au marimba (gros succès auprès des jeunes), le tout commenté par un guide-présentateur et précédé d'Etude/Monochrome, une pièce austère et exigeante de Paul Dujoncquoy (29 ans, compositeur en résidence avec Christian Lauba) que ce public largement néophyte écoute avec une attention dont ne font pas toujours preuve les abonnés des ensembles de musiques nouvelles. En prélude : Falla (El Pano moruno), Dujoncquoy (Le Manoir) et Beethoven (La « 9ème de poche », pliée en dix minutes) impeccablement chantés (et avec orchestre) par les très jeunes participants à l’atelier local. Une manière de renouer le dialogue entre France des villes et France périphérique.
François Lafon

Les Concerts de Poche, Morsang-sur-Orge, 7 décembre