Lundi 17 décembre 2018
Le cabinet de curiosités par François Lafon
dimanche 9 décembre 2018 à 18h20
Aux Editions Bleu Nuit : Café Berlioz, par Pierre-René Serna. A l’orée du cent-cinquantenaire, l’opposé de la brillante monographie de Bruno Messina (voir ici). Ayant beaucoup oeuvré pour la cause, en particulier avec son Berlioz de B à Z (2006), Serna s’adresse ici aux mordus. Sur le modèle du maître (Les Grotesques de la musique, Les Soirées de l’orchestre), ce Café regroupe telle une conversation… de café (littéraire s’entend) des articles, interviews et contributions variées, tout cela - spécialité du spécialiste - à bâtons rompus mais sous-tendu par la volonté de remettre quelques pendules à l’heure et de risquer quelques idées nouvelles. Lancé fort sur les dénigreurs historiques du musicien (tiens, tous liés par des relents d’extrême droite…), l’auteur fait tomber les têtes et les idées reçues : non, Berlioz n’est pas un « romantique », non, Les Troyens n’est pas un « grand opéra à la française », non, les Mémoires ne sont pas « bidonnées ». Pour les confirmés : non, les rapports de Berlioz avec Rameau et Gluck ne sont pas aussi simples que cela, oui, la Symphonie fantastique et Lélio sont inséparables sous le titre Episode de la vie d’un artiste. Pour les curieux : oui, Miguel Marqués, auteur de zarzuelas, est bien un disciple méconnu de Berlioz, oui, Le Roman de la Momie de Théophile Gautier a probablement inspiré Les Troyens, oui, il se peut quoi qu’on en dise que Le Pou et l’Araignée, classique des chansons de corps de garde, soit de Berlioz. Pour les modernes enfin l’argument définitif : oui, Berlioz a inauguré la musique contemporaine en composant pour l’avenir. Et tout cela avec une légèreté de plume que Berlioz écrivain n’eût pas désavoué. 
François Lafon

Café Berlioz, par Pierre-René Serna. Editions Bleu  Nuit, 176 p., 16 euros

lundi 3 décembre 2018 à 11h58
A la Cité de la Musique, exposition Robert Doisneau et la musique. 200 clichés parmi 450 000 dénichés, triés et choisis par Clémentine Deroudille, petite fille du photographe et déjà commissaire in loco des excellentes expositions Brassens et Barbara. Une façon de dépasser l’image du « passant patient » saisissant la vie de tous les jours et de (re)découvrir le génial capteur de personnalités. Six promenades saisissant la rue, la chanson, les studios, Maurice Baquet, le jazz et les années 80-90, sonorisées façon « sons d’époque(s) » par le quintette de country-blues-rock Moriarty et scénographié par le multi-talentueux Stephan Zimmerli, bassiste dudit groupe, replaçant finement les clichés dans leur univers et illustrant la quintessence de Doisneau saisie par son ami Jacques Prévert : « C’est toujours à l’imparfait de l’objectif qu’il conjugue le verbe photographier ».  Parmi ces deux-cents morceaux de vie en noir et blanc, découverte de Pierre Boulez hilare (1961 - un collector), de Pierre Schaeffer devant ses machines futuristes, de Bernard Baschet avec ses légendaires Structures. Somptueux portrait de Barbara, incroyables instantanés de Fréhel, de Patachou, de Piaf en contre-plongée, saisie toute petite par un projecteur sur une immense scène noire, mais aussi des Frères Jacques sur le mini-plateau de la Rose Rouge ou de Gréco avec son chien Bidet, précédant une salle entière de photos modernement swingantes de Renaud, d’Higelin et des Rita Mitsuko. Tout Doisneau enfin au chapitre Maurice Baquet, son double violoncelliste (et clown, comédien, chanteur d’opérette, etc.) compagnonnage surréaliste résumé par la tête de Baquet sortant de l’eau à côté de son violoncelle flottant, titré « D’Eau majeur ». Prolongement de l’exposition : une vingtaine de photos (les Rita Mitsuko devant l’hôtel Chopin ou Baquet arborant un t-shirt Bach) entrent dans les collections permanentes du Musée de la Musique. A coupler avec la superbe exposition Les Nadar, une légende photographique à la Bibliothèque Nationale.
François Lafon

Cité de la Musique, Paris, jusqu’au 28 avril. Concerts, spectacles, projections autour de l’exposition
(Photo : Le clairon du dimanche matin © Atelier Robert Doisneau)

samedi 24 novembre 2018 à 11h18
Déjà riche d’une soixantaine de titres, la petite collection Musique d’Actes Sud n’échappe pas toujours au dilemme des formats courts : biographie résumé ou essai sur un destin ? Directeur du festival Berlioz à la Côte Saint-André, Bruno Messina connait son sujet en live. Et comme il a la plume alerte et des idées originales (que les berlioziens ne manqueront pas de discuter)… Mais encore ? D’abord il habite en Isère, terre natale du compositeur, et il est ethnomusicologue de formation : il sait donc ce que replacer la musique dans son contexte veut dire. Balayant le cliché d’un Berlioz faisant table rase de ses origines, il relie au contraire l’inspiration de l’artiste à cette terre entre nord et sud, mystérieuse et accidentée, à la fois barrée et protégée par la montagne. Le reste - carrière (funèbre et triomphale), voyages (la reconnaissance est toujours ailleurs), vie sentimentale (immature mais essentielle) -  trouve tout naturellement sa place au rythme de chapitres courts aux titres évocateurs (« Du feu et des foules », « La Beauté du Diable »), dessinant un héros/looser incompris de ses contemporains mais promis à l’immortalité, archétype de l’artiste romantique. Plus difficile à définir : l’impression que l’on a, au terme de ces presque deux-cents pages à la fois amoureuses et distanciées (qui aime bien…), de s’approcher de l’insaisissable en suivant cet homme qu’on aurait bien voulu connaître au risque de le trouver insupportable. Autant qu’un brillant essai, une introduction aux commémorations du cent-cinquantième anniversaire de la mort du musicien (… dont Messina est le commissaire) qui laisse espérer que l’imagination y sera au pouvoir. 
François Lafon

Berlioz, par Bruno Messina. Actes Sud,  208 p., 18 euros (13, 99 euros en livre numérique)

mardi 20 novembre 2018 à 01h01
Création d’une commande-maison à la Fondation Louis Vuitton : Stupori, pour baryton, violon, flûte et percussions de Salvatore Sciarrino, vertige d’un cycle Maurizio Pollini annulé tardivement, et mêlant, selon l’habitude militante du pianiste, répertoires classique et contemporain. En guise de prélude : 6 Capricci pour violon, composés en 1976, suivis de deux pièces pour flûte plus récentes (1989 et 2001) : pluie et vent, bestiaire imaginaire, corps haletant (extraordinaire Immagine Fenicia pour flûte) illustrant la grande interrogation du compositeur : « Je suis ici et maintenant : qu’est-ce que j’entends ? ». Inspiré d’un haïku, d’une inscription sur un palais Renaissance ou d’une épigraphe dans une langue jadis parlée par les Messapes, Stupori procède du même univers, opéras miniatures chers à Sciarrino, mais curieusement moins évocateurs, en dépit de l’excellente interprétation du baryton Otto Ketzameier et des formidables violoniste (Carolin Widmann) et flûtiste (Matteo Cesari). Seconde partie romantique alla Pollini : le Quintette en ut majeur de Schubert - créé il y a 190 ans jour pour jour - par le quatuor Hagen et Gautier Capuçon en second violoncelle. L’esprit est là, les accidents de parcours aussi. L’Adagio, moment de grâce attendu, ne déçoit pas pour autant.
François Lafon

Fondation Louis Vuitton, Paris, 19 novembre (Photo © Harald Hoffmann - CardArchive)

mardi 6 novembre 2018 à 12h51
Condisciple de Debussy au Conservatoire de Paris, Paul Dukas (1865-1935) ne signa qu’une poignée d’œuvres – mais quels chefs-d’œuvre, entre sa Symphonie, son opéra Ariane et Barbe-Bleue d’après Maeterlinck, le ballet La Péri et le célèbre Apprenti sorcier ! Il écrivit aussi de nombreux articles critiques et fut professeur de musique, notamment de Messiaen, son élève le plus illustre. À ces activités multiples s’ajoute celle d’un épistolier extrêmement fécond, au vu de cette somme, dont ce n’est que le volume 1 (…), rassemblée par Simon-Pierre Perret, qui cosigna avec Harry Halbreich une biographie de Magnard, sans oublier celle de Dukas, cosignée avec Marie-Laure Ragot. Celui qui rédigeait quotidiennement environ huit à dix lettres, comme il le confiait à Laura Albéniz, aura eu à cœur d’échanger avec le monde entier, partageant son enthousiasme pour un jeune chef (Gustav Mahler) entendu à Londres, au cours de l’été 1892, saluant un chef-d’œuvre créé à l’Opéra-Comique (Pelléas de Debussy), ou encore « professeur attentif » (Perret) de son élève Robert Brussel – qui reçoit entre 1894 et 1934 pas moins de 360 lettres. Au lendemain de la Grande Guerre, le voilà vitupérant contre la jeune génération du Bœuf sur le toit, « simple clownerie » ramenant l’auditeur « à Medrano », ou contre les Dadas, « phoques savants ». Ailleurs, le lecteur pénètre avec intérêt dans la gestation d’Ariane et Barbe-Bleue, avec l’écoute complice de l’ami Vincent d’Indy, à qui il déclara qu’il fallait créer : « des œuvres qui parlent à l’imagination et au sentiment musical de ceux qui en ont – tant pis pour les autres –, des œuvres dans lesquelles la musique crée son propre programme par elle-même : modèle la symphonie en ut mineur (Symphonie n° 5 de Beethoven) – pas celle de Saint-Saëns [la 3ème avec orgue] ni celle de Brahms [la 1ère ] !! »   
Franck Mallet
 
Correspondance de Paul Dukas, rassemblée et présentée par Simon-Pierre Perret, vol. 1 : 1878-1914
Actes Sud/Palazzetto Bru Zane, 690 p., 45 euros

lundi 5 novembre 2018 à 22h18
Fils héritier de Mario, le petit bonhomme qui gambade depuis des années sur les consoles de jeu vidéo, Line Rider, né en 2007, est un gamin lugeur, avec bonnet sur la tête et écharpe au vent. On le trouve sur le jeu en ligne qui porte son nom, où l’internaute est invité à lui tracer un circuit sur lequel il va glisser. Le talent du joueur est alors de dessiner un circuit véritablement spectaculaire.
Rien à voir avec la musique, direz-vous.
Sauf qu’un internaute particulièrement ingénieux (et patient) fait glisser Line Rider en musique, transformant les lignes en portées d’un genre nouveau, avec un résultat à la fois poétique, stupéfiant, voire hallucinant, et addictif.
« DoodleChaos », l’internaute au pseudo intrigant, a le rythme dans la peau, et ce rythme, il le traduit en images. Cette mise en lumière d’une œuvre musicale vaut tous les discours savants, avec des effets emphatiques inattendus : comment mieux faire entrer l’auditeur dans une œuvre telle que 5ème symphonie de Beethoven (voir ici) ? Ou Dans l'Antre du Roi de la Montagne (Peer Gynt - Edvard Grieg - voir ) ou encore La Danse de la Fée Dragée (Casse-Noisette – Tchaïkovski - par ) ?
La musique ainsi revisitée de façon ludique par les joueurs en ligne pourrait être matière à réflexion pour une industrie musicale toujours à la recherche de nouvelles ficelles pour élargir son auditoire : et si cette ficelle était une ligne ?
Albéric Lagier

vendredi 2 novembre 2018 à 10h44
Cliché bien connu, mais pas toujours injustifié : les critiques musicaux ne vont pas au théâtre, les critiques de danse ne s’intéressent pas à l’opéra, et les critiques littéraires ne mettent pas les pieds dans une salle de concert. Gérard Mannoni, qui livre ici ses souvenirs un peu en vrac mais avec la plume alerte qu’on lui connaît, est donc une exception, puisqu’il a suivi la danse, la musique et l’opéra (ces deux derniers n’attirant pas toujours le même public) tout au long de sa longue carrière. On le retrouve tel qu’au Quotidien de Paris ou sur France Musique, conservateur mais curieux de tout, groupie dans l’âme mais l’œil malicieux, maniant une plume d’autant plus assassine qu’elle sait être caressante. C’est aussi le passage du monde d’hier à celui d’aujourd’hui qu’il raconte, s’adressant autant à ceux qui portaient smoking pour aller voir danser Yvette Chauviré qu’à leurs petits-enfants, pour qui Ruggero Raimondi, naguère star de l’éphémère « filmopéra », a rejoint Chaliapine parmi les gloires du temps jadis. 
François Lafon  

Une vie à l’Opéra, souvenirs d’un critique, par Gérard Mannoni, Buchet-Chastel, 255 pages, 20€
Exposition de fin d’année à la Philharmonie de Paris : Comédies musicaaaales (sic), la joie de vivre du cinéma. Cinq ans après, le commissaire N.T. Binh poursuit la fête commencée avec Musique et cinéma : le mariage du siècle ? (même lieu), dans un palais des mirages conçu avec l’expert en nouvelles technologies Pierre Giner. Hollywood à l’honneur donc, et extensions diverses de l’appellation, jusqu’à La la Land et au très primé The Artist. But de l’opération : plonger le visiteur dans un tourbillon d’images, lui donner l’impression qu’il lève la jambe avec Cyd Charisse, fait des claquettes (au plafond bien sûr) avec Fred Astaire et chante sous la pluie avec Gene Kelly. C’est d’ailleurs le film de Stanley Donen, emblème du genre tout entier, qui ouvre le bal sur écran géant, débouchant – ce sera une des constantes de l’exposition – sur quelques inattendus, tels … les Dalton en Gene Kelly x 4. Triple écran plus géant encore (24 mètres) pour un instructif télescopage de styles et d’époques, où l’on découvre que John Travolta se défend bien face à Elvis Presley, ou - plus étonnant - que Michael Jackson a dû beaucoup observer Fred Astaire pour mettre au point son Moonwalk. Si vos semelles crêpe vous empêchent de suivre en direct (voir horaires) ou en vidéo les cours de claquettes du spécialiste Fabien Ruiz, consolez-vous en explorant, écouteur sur l’oreille, les nombreuses salles annexes, où l’on peut, entre autres, entendre Audrey Hepburn herself chanter (pas si mal) My Fair Lady avant d’être doublée par Marni Nixon, ou savourer la voix chaude et les « s » chuintés de Delphine Seyrig (Christiane Legrand après post-synchro) en bonne Fée de Peau d’Ane. L’exposition tout entière peut d’ailleurs être lue en filigrane comme un hommage à Jacques Demy, entre documents de travail des sœurs Dorléac (succédant au pressenti et improbable duo Bardot/Hepburn) avec le chorégraphe Norman Maen pour Les Demoiselles de Rochefort et robe d’or de Peau d’Ane surgissant de la pénombre ambiante, presque unique objet « en vrai » dans ce beau tombeau d’un univers où trois pas de danse sur une toile blanche font oublier les duretés du siècle. En attendant, en décembre au Centre National du costume de scène à Moulin, l'exposition Comédies musicales, les costumes font leur show
François Lafon

Philharmonie de Paris, du 19 octobre au 27 janvier. Collège (7 séances), concerts, ciné-concerts, week-end « comédie musicale » (3 et 4 novembre), ateliers, cours de claquettes, visites guidées pendant les vacances scolaires Exposition Les Costumes font leur show. Centre National du costume de scène, Moulin, du 1er décembre au 17 mars
(Photo : La La Land ©SND)

A l’Amphithéâtre Bastille : Shakespeare, Fragments nocturnes par l’Académie de l’Opéra de Paris. On s’attend à un collage de scènes, parcourant  trois siècles (de Purcell à Reimann) de mises en musique du grand Will, exercices de styles à l’usage des académiciens chanteurs et pianistes. C’est, dans la tradition maison, un peu plus recherché que cela. La metteur en scène Maëlle Dequiedt a peaufiné ce travail d’élèves commencé lorsqu’elle était en résidence à l’Académie : partant du Songe d’une nuit d’été de Benjamin Britten (la nuit, l’amour, la confusion des sexes et des sentiments), elle pratique le décidément très à la mode « jeu transparent » (voir ici) les participants « interprétant leurs personnages tout en restant visibles en tant qu’individus », ce qui se justifie pleinement dans un tel contexte. Ainsi les pianistes deviennent-ils Will I, II et III, les personnages se dédoublent (Juliette pugnace chez Gounod - Giulietta mélancolique chez Bellini), Ophélie (celle des Ophelia Lieder de Strauss) croisant l’Hamlet d’Ambroise Thomas, pour aboutir au Roi Lear auquel a renoncé Verdi mais pas notre contemporain  Aribert Reimann, son journal de composition - à la fois technique et étrangement évocateur - de Lear (1978, repris la saison dernière à l’Opéra Garnier) servant de fil rouge à ce voyage dans les rêves et les cauchemars générés par les mondes parallèles shakespeariens. Une occasion de constater le degré d’excellence de cette promotion de l’Académie, dix chanteurs-comédiens et trois pianistes (comédiens aussi), mais aussi équipe dramaturgique et métiers d’art, tous participant à cet accouchement de l’opéra de demain poursuivi – de l’Atelier lyrique à l’Académie – depuis bientôt quinze années.
François Lafon 

Shakespeare, fragments nocturnes
, Opéra National de Paris – Bastille – Amphithéâtre, jusqu’au 17 octobre. Le 26 octobre à La Grange au Lac, Evian (Photo © Studio j'adore ce que vous faites ! / OnP)

samedi 29 septembre 2018 à 20h41
Le 31 octobre prochain, le fameux Studio Son/Ré de Pierre Henry, situé dans la maison du musicien, rue de Toul (Paris, 12e) disparaîtra sous les coups de pioche des démolisseurs… Pour réapparaître quelques mois plus tard, à deux endroits ! 
Car, en octobre 2019, sera reconstitué « en état de fonctionnement » un Espace Pierre Henry au Musée de la musique/Philharmonie de Paris. Quant aux archives papiers – plus de 750 boîtes de documents – et au Fonds iconographique, ils seront conservés au 3 Passage Hennel, dans le 12e arrondissement de Paris (non loin de l’ex Maison de la rue de Toul), un grand local déniché par la Mairie de Paris – maigre lot de consolation offert à la famille par la Ville qui, après le décès du compositeur (5 juillet 2017), avait refusé qu’on transforme sa maison en musée pour y maintenir archives et studio… Durant trois ans, et avec l’aide de la Drac et de la Sacem, y sera établi un catalogue complet de l’œuvre, publié par les Éditions de la Philharmonie. Enfin, les quelque quatorze mille bandes magnétiques analogiques et DAT déjà répertoriées devraient partir prochainement à la BNF, où elles rejoindront celles déjà déposées du vivant du compositeur, pour y être également numérisées et conservées. 
Dans l’immédiat, c’est Nicolas Vérin, compositeur et ancien assistant du compositeur, qui reprend au Théâtre de l’Athénée l’une des partitions majeures du plus populaire des maîtres de l’électro, l’Apocalypse de Jean – créée un demi siècle plus tôt à l’occasion d’un concert fleuve de vingt-six heures sans interruption  !), lors des Journées de musique contemporaines de Paris, qui se déroulèrent du 25 au 31 octobre 1968 au Théâtre de la Musique de Paris, avec des œuvres de Varèse, Xenakis et Berio. Deux semaines plus tard, Thierry Balasse, autre fidèle de Pierre Henry, retrouvera la scène de cet ex Théâtre de la Musique rebaptisé entre-temps Gaité lyrique (…) pour cinq œuvres cultes, dont Le voile d’Orphée (1953), Le Voyage (1962) et Variations pour une porte et un soupir (1963). Roll Over Pierre Henry…      
Franck Mallet
 
• Paris, Théâtre Athénée Louis Jouvet, L’Apocalypse de Jean, 15 octobre, 20h
• Paris, Gaité lyrique, Le Voile d’Orphée, Variation pour une porte et un soupir, La noire à soixante, Fragments pour Artaud et Le Voyage, 31 octobre, 20h
(Photo © DR)