Vendredi 3 avril 2020
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Temps retrouvé pour le premier des quatre Lundis musicaux 2020 de l’Athénée : Dame Felicity Lott, déjà dans le peloton de tête (trois récitals) des Lundis de l’ère Pierre Bergé (1977-1989). Inchangée, la soprano britannique préférée du public français, elle-même francophone (elle a failli devenir professeur de français) et aussi célèbre pour ses Offenbach (ah, sa Belle Hélène en nuisette au Châtelet !) que pour ses Strauss (ah, sa dernière Maréchale du Chevalier à la rose à l’Opéra Bastille !), pour ses Mozart et ses Lehar (Veuve joyeuse en VO et VF), découverte de ce côté du Channel dans Stravinsky (The Rake’s Progress) en même temps que Poulenc (Dialogues des Carmélites). C’est ce parcours brillant autant que déroutant qu’elle évoque ce soir, très Maréchale dans sa grande robe rouge mais maniant l’autodérision avec maestria dans des commentaires heureusement enregistrés (micros visibles) : « Je suis trop longue, je n’aurai plus de voix pour chanter ». « Non ! » répond la salle bondée de fans. Ce n’est pas lui faire injure de remarquer qu’elle n’a plus sa voix d’autrefois, mais – signe des grandes – elle ne triche pas, risque des notes désormais périlleuses et charme toujours par son talent à trouver la couleur vocale adéquate et à donner leur juste poids aux mots, confrontant Fancie (Britten) et Fancy (Poulenc) sur les même texte de Shakespeare, enchaînant sur un Parlez-moi d’amour que bien des chanteuses françaises pourraient lui envier, retrouvant son assise vocale dans "Beim Schlafengehen" (Strauss, Quatre Derniers Lieder) et l’exact équilibre joué/chanté dans la « Griserie » de La Périchole (Offenbach), terminant le programme avec Yes ! de Maurice Yvain et Albert Willemetz, donné à l’Athénée en décembre dernier. Son pianiste Sebastian Wybrew (un élève de Graham Johnson) lui emboite le pas avec un très britannique œil qui frise.
François Lafon 

Théâtre de l’Athénée, Paris, 24 février (Photo © DR)

dimanche 16 février 2020 à 18h12
Comme le Triple concerto de Beethoven, Beethoven et après - coédition Fayard/Mirare - est un ouvrage à trois solistes, la légende et l'Histoire faisant office de trame orchestrale. Là s’arrête la comparaison, le trio d’auteurs ne jouant pas la même partition, ou plutôt ne la jouant pas sur le même plan. Cela commence « grand public » par une biographie où Elisabeth Brisson (auteur du Guide de la musique de Beethoven) s’emploie à déboulonner l’idole pour mieux faire apparaître une vérité plus grande encore. Fini "le Destin qui frappe à la porte" (po-po-po-pom), finies les falsifications du proto-biographe Schindler et le catéchisme oecuménique façon Romain Rolland. Une centaine de pages à mettre entre toutes les mains, celles des enfants comprises. Puis vient un chapitre plus concentré mais non moins brillant signé Bernard Fournier (Génie de Beethoven ; Histoire du quatuor à cordes en 2 vol.) traitant des « Modernités de Beethoven », ou comment celui-ci a fait faire des pas de géant à la musique. Le sujet est plus ardu, les enfants décrocheront (peut-être…). La troisième partie, due à François-Gildas Tual, est apparemment la plus ludique tout en exigeant une attention soutenue, recensant deux siècles et demi de néo-beethovénisme (arrangements, extrapolations, inspirations diverses) et débouchant sur un inventaire des recyclages géniaux ou non, commerciaux ou non dont chaque époque (la nôtre en particulier) a usé et abusé. Pour tous en tout cas une façon de faire le tour de la question, sans littérature inutile ni hagiographie intempestive, ce qui, en cette année anniversaire, a toute son utilité. 
François Lafon

Beethoven et après Editions Fayard/Mirare 240 pages - 15 €

dimanche 2 février 2020 à 10h55
Le 250e anniversaire de la naissance de Beethoven offre une nouvelle occasion de mieux faire connaître sa musique (ses œuvres n’ont pas toutes la même célébrité) et aussi sa personne, grâce notamment à sa très volumineuse correspondance. Le livre dont il s’agit ici n’en présente évidemment que des extraits, mais intelligemment groupés en onze thèmes et autant de chapitres, chacun étant précédé d’une introduction bien documentée due à Nathalie Kraft et contenant un assez grand nombre de lettres ou d’extraits de lettres. Sont ainsi traités le lignage de Beethoven, ses humeurs, ses amours, son quotidien, son ouïe (avec citation du testament de Heiligenstadt), ses rapports avec Goethe, ses collègues compositeurs, ses œuvres, sa conscience de soi, son neveu et sa fin. Tout cela est réparti en une centaine de sous-chapitres aux titres révélateurs : Un sang chaud, Voilà mon sort, Mon immortelle bien-aimée, De Mozart envoyez-moi donc, Au  nom du ciel éditez la Messe, Je ne suis pas un usurier de l’art, Karl veut rejoindre l’armée, Une nouvelle symphonie pour les généreux Anglais etc. Ces textes ne se succèdent donc pas dans un ordre chronologique, on n’a pas là un fragment d’autobiographie au sens propre. Mais la démarche choisie, en se concentrant sur les multiples facettes de la personnalité de Beethoven, permet de les approfondir et de s’en faite une belle idée. Volume riche en informations, au maniement très commode : c’est appréciable.
Marc Vignal
 
Beethoven par lui-même. Correspondance d’une vie. L’homme derrière le génie. Présenté et commenté par Nathalie Kraft. Buchet Chastel, 2019.
 
dimanche 19 janvier 2020 à 19h04
Chez Buchet-Chastel dans la collection « Grands - chanteurs, chefs, étoiles, divas etc. -  du XXème siècle » et en parallèle avec la Biennale de Quatuors à la Cité de la Musique (voir ici) : Les grands quatuors à cordes du XXème siècle par Jean-Michel Molkhou, déjà auteur des Grands violonistes… tomes 1 et 2. Cent-vingt formations (il en manque forcément, l’auteur assume…) sont passées en revue, dont trente-cinq ont droit à un chapitre entier, aide-mémoire indispensable aux amateurs de ces étranges instruments à seize cordes, quatre têtes et huit bras perpétuant le genre musical le plus raffiné – et l’un des plus riches en chefs-d’œuvre – de la musique occidentale. Mais au-delà de la précision factuelle dont Molkhou - violoniste lui-même et chirurgien dans la « vraie vie » - fait preuve une fois encore, c’est tout un siècle qui nous est raconté, à travers les noms (de lieux, de personnes, d’institutions, de compositeurs, de luthiers même) choisis par chaque formation, les exils et pérégrinations, les remplacements et successions, les discographies mêmes et les instruments  joués, observation au microscope de ce petit monde très particulier dans le paysage musical, où le star system ne se pratique qu’en groupe avec toutes les fragilités que cela implique et entretenant la délicate balance (« Tous pour un… ») sur laquelle repose le genre. Exemples à l’appui en bonus : un CD de six heures de musique (attention : lisible en MP3 seulement) regroupant cinquante-cinq formations historiques, des Capet (1893-1928) aux Belcea (fondé en 1994). 
François Lafon

Les grands quatuors à cordes du XXème siècle, de Jean-Michel Molkhou. Préface de Sonia Simmenauer et du Quatuor Modigliani. Buchet-Chastel « Les grands interprètes », 474 p. + 1 CD, 27 €

vendredi 20 décembre 2019 à 11h20
A ne pas manquer en replay sur Arte Concert : Le King’s College en musiques, chapitre II de la série inaugurée à l’Alhambra de Grenade (voir ici), ou comment faire chanter les murs d’un lieu d’exception. C’est cette fois à Cambridge que nous remontons le temps, où parmi les trente-et-un collèges défiant une éternité fragile, le King’s fait figure de blason : c’est là qu’Elisabeth 1ère a séjourné, et serait restée… si elle n’avait craint d’y manquer de bière. C’est là aussi (et surtout) que Gibbons, Tallis, Dowland, Purcell, jusqu’à Britten, Vaughan-Williams et notre contemporain Thomas Adès ont rythmé la vie du royaume, là enfin que le romancier E.M. Forster (Route des Indes) et le mathématicien Alan Turing (précurseur de l’ordinateur) ont fait leurs classes. Images somptueuses, bâtiments légendaires, petits et grands en rangs impeccables allant chaque soir à la chapelle perpétuer la tradition ancestrale : trente-deux choristes dont seize enfants, silhouettes (presque) inchangées depuis… 1466, chantant la « mélancolie anglaise » avec un détachement angélique, débarrassant Bach même, -  sous la direction de l’organiste et chef disparu en novembre dernier Stephen Cleobury (ancien élève du St John’s College... nobody’s perfect) – de toute passion charnelle. Commentaire documenté de Gérard Pangon (un demi-millénaire au pays d’Albion), mosaïque musicale – direct et enregistrement – millimétrée. Son créateur Henry VI (voir Shakespeare) voulait faire du King’s un havre de paix dans un monde de guerre. L’utopie agit toujours. 
François Lafon 
La forte personnalité de Boulez a occasionné une édition abondante, de ses propres écrits à une foule d’entretiens, en passant par une première monographie en français par Dominique Jameux publiée en 1984 (Fayard). Trente-cinq ans plus tard, Christian Merlin, critique musical au Figaro, en signe une autre (pour la même maison) qui, elle, s’intéresse moins à l’œuvre du compositeur qu’à toutes les facettes du personnage, tour à tour provocateur, polémiste, penseur, homme de pouvoir, chef d’orchestre, fondateur et initiateur d’institutions, du Domaine musical à la Philharmonie. Sans conteste, ce livre comble des lacunes sur le parcours de Boulez qui, après avoir fait ses armes au théâtre (Cie Renaud-Barrault), s’engage dans le sérialisme intégral, l’œuvre ouverte, le répertoire symphonique aux Etats-Unis et en Angleterre, avant de triompher à Bayreuth (Ring, avec Chéreau, en 1976, succédant à un premier Wagner au Japon, Tristan, en 1962, et Parsifal, quatre ans plus tard, à Bayreuth), puis de « revenir » en France pour créer un institut de recherche (l’IRCAM), un ensemble (l’EIC, sur le modèle britannique de la London Sinfonietta), et s’atteler à une Cité de la musique en symbiose avec le Conservatoire. Ni « biographe professionnel » ni musicologue patenté, et encore moins « boulézien », l’auteur, en revanche spécialiste de Wagner qui confie avoir fait son éducation en se plongeant dans le Ring de Boulez et Chéreau, croise de nombreuses sources (Fondation Sacher, BNF et la « quasi-totalité de ce qui a été publié de ou sur Boulez » pour dresser un portrait très informatif de cet « être paradoxal », seulement trois ans après son décès. Rien d’hagiographique néanmoins dans cet ouvrage, Christian Merlin demeure résolument journalistique dans son approche et son commentaire critique, jusqu’aux quinze dernières pages de l’épilogue… en forme de vibrant hommage.  
Franck Mallet

Christian Merlin, Pierre Boulez, Fayard, 615 p., 35 euros
dimanche 8 décembre 2019 à 18h53
Aux éditions Musée de la musique : Le clavecin Couchet, Les Arts réunis, par Christine Laloue, volume 2 après Le Violon Sarasate (voir ici) d’une série (?) mettant l’accent sur quelques perles de la collection. Un clavecin superbe à deux claviers, créé à Anvers (1652) par le grand facteur Ioannes Couchet (de la dynastie des Ruckers) et « ravalé » à Paris en 1701, d’où un hiatus entre décors flamand et français (« Le couvercle s’inscrit dans la succession de tableaux qui ornent la demeure ») et, moins exposée mais tout aussi significative, une évolution des fonctions et possibilités musicales de l’instrument, le tout opérant une synthèse des « goûts réunis » et témoignant de la fonction sociale et mondaine acquise en France par ces  « beaux meubles ». Emboitant le pas à Jean-Philippe Echard, comme elle conservateur au Musée de la Musique, Christine Laloue dramatise habilement le propos, faisant tel un expert de la « scientifique » avouer à l’objet ses plus intimes secrets, mais les aventures du clavecin Couchet sont moins rocambolesques que celles du violon Sarasate, et elle a moins beau jeu à entretenir le suspense que son confrère. Ludique et pédagogique, magnifiquement illustrée, cette radiographie d’une époque à travers ce témoin parmi les plus parlants n’en fait pas moins renaître tout un monde lointain. En guise de préface, Christophe Rousset donne son avis de praticien : « Le Couchet m’ouvrit un monde inexploré de possibilité qui m’ont inlassablement inspiré, » explique-t-il. On est prêt à le suivre… Un joli cadeau de Noël, en duo avec le Sarasate si vous ne l’avez déjà. 
François Lafon 

Christine Laloue, Le clavecin Couchet, Les Arts réunis, Editions Musée de la Musique, 142 p., 14 euros

Avec Mariss Jansons, disparaît l’un des derniers grands chefs à avoir été formé en Union Soviétique tout en ayant fait carrière pour l’essentiel en Occident. Elève de Mravinski à Léningrad et protégé de Karajan, le Letton Jansons, lui-même fils du chef d’orchestre Arvid Jansons, était d’abord un professionnel reconnu par ses pairs : travailleur, honnête et humble, à la fois bienveillant et exigeant, bref une sorte d’anti-star, il avait gagné le respect des musiciens, qui appréciaient sa méthode personnelle de mener les répétitions. Sur le podium, chacun de ses gestes était millimétré, chaque phrasé soigneusement dessiné, au risque parfois de donner l’impression que ses interprétations étaient figées, qu’aucune surprise, qu’aucune inspiration du moment n’était possible. Ce côté austère ne l’a pas empêché d’être invité à trois reprises à diriger le concert de Nouvel An du Philharmonique de Vienne, consécration médiatique suprême. Auparavant, il avait révélé son talent au Philharmonique d’Oslo, avant de devenir le patron de l’Orchestre de Pittsburgh, du Concertgebouw d’Amsterdam, puis dans ses dernières années, du Symphonique de la Radio de Bavière, portant chaque fois l’orchestre à la plénitude artistique. Sans oublier qu’il était un extraordinaire chef d’opéra, comme le savent ceux qui ont pu entendre ses interprétations d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski ou de Lady Macbeth de Mtsensk de Chostakovitch. Il s’est éteint le 30 novembre, dans sa maison de Saint-Pétersbourg, à 76 ans : c’est peu dire qu’il laisse un vide immense.  
Pablo Galonce
(Photo © DR)

samedi 23 novembre 2019 à 00h32
Rentrée, à la salle Cortot, du Centre de Musique de Chambre de Paris animé (dans tous les sens du terme) par Jérôme Pernoo : Le Carnaval des animaux (préhistoriques), mélange du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns (1886) et de Jurassic Trip de Guillaume Connesson (1998), démarque spielbergienne du chef-d’œuvre pour le même instrument(err)arium. Comme d’habitude (voir ici), les (très jeunes) instrumentistes jouent par cœur, mais en plus courent, virevoltent, miment et bondissent, groupés ou opposés, en solo ou en tutti, sur fond de projections savoureusement décalées (ah, ce T.Rex se dandinant en mesure !) et dans des lumières étudiées. Avec un tel sujet, ils ont du grain à moudre, Saint-Saëns déboulonnant les statues des grands ancêtres dans sa « fantaisie zoologique » de Mardi gras destinée (de son vivant) à l’usage privé, et Connesson en faisant de même avec ses confrères (Thierry Escaich, Jean-Louis Florentz, Pascal Zavaro, il est vrai moins reconnaissables à l’oreille que les Rameau, Berlioz et Offenbach de son aîné), tous deux multipliant suggestions et imitations, lesquelles se répondent et s’entrechoquent avec un parfait à-propos. Une heure de bonheur potache et érudit, ponctué par les commentaires cultes de Francis Blanche (Saint-Saëns) et ceux non moins second degré d’Ivan A. Alexandre (Connesson), artistement distillés en voix off par Elsa Rooke. Et toujours coup de chapeau à ces jeunes virtuoses qui prennent tous les risques, parmi lesquels on a scrupule à isoler tel ou tel, même si le « Cygne » royal du violoncelliste Léo Guiguen symbolise la qualité de l’ensemble. Sept représentations encore jusqu’au 7 décembre, précédées - en happy hour - de courts concerts de chambre par les Quatuors à cordes Hanson et Mona. Pas de raison de s’en priver. 
François Lafon 

Salle Cortot (Ecole Normale de Musique), Paris, jusqu’au 7 décembre

Du 18 novembre au 16 décembre sur la chaîne You Tube de la Philharmonie de Paris : Chef.fe, un portrait en cinq épisodes (huit minutes chacun) de la jeune Lilloise (28 ans) Lucie Leguay, remarquée en novembre de l’année dernière lors du Tremplin des jeunes cheffes à la Philharmonie, et promue cette saison maestra assistante de l’Ensemble Intercontemporain, de l’Orchestre National d’Île-de-France, de l’Orchestre National de Lille et de l’Orchestre de Picardie (!). Cheffe plutôt que chef : la discrimination positive suscitera-t-elle assez de vocations pour qu’émerge la Toscanini.e ou la Karajan.e de demain ? La série est par ailleurs filmée en format téléphone portable, « un parti pris esthétique fort, selon la réalisatrice Camille Ducellier, qui invite le spectateur à changer d’axe et de regard sur la musique classique ». Premier épisode : Lucie en duo symphonique/pop avec Vax Tailor dans la nef du Grand Palais. Changer d’écoute, aussi ? Deuxième épisode avec l’Orchestre des jeunes du festival de Verbier : Ouverture festive de Chostakovitch, réponse à la question récurrente « A quoi ça sert un chef ? ». « Il doit avoir le tempo absolu. Sur la page : bois puis cuivres en haut, percussions au milieu, cordes en bas. Je suis la seule à avoir toutes les lignes. Ma responsabilité : équilibrer tout cela ». Troisième épisode : musique de chambre avec l’Octet de George Benjamin. « Les musiciens entrent – ou non – dans l’œuvre par rapport à mon attitude. Je suis entre deux mondes, dans le moment tout en anticipant la suite ». Passage non explicité (il n’y a pas que la musique dans la vie ?) : Lucie Legay avec son compagnon photographe, revêtant un scaphandre blanc sur une montagne. Quatrième épisode : avec son professeur de direction Jean-Sébastien Béreau (« Mon maître Yoda à moi »). Réponse, cette fois, à la question « Diriger, ça s’apprend ? »  (à laquelle le grand chef Carlo Maria Giulini  répondait : « non »).  Etonnant moment de direction muette, maître et élève commentant une musique qu’on n’entend pas. Béreau : « Selon mon professeur Louis Fourestier, la plus grande qualité d’un chef, c’est de ne pas empêcher l’orchestre de jouer ». Cinquième et dernier épisode filmé à la Cité de la musique le 17 novembre à l’occasion du concert avec Les Siècles des lauréates Tremplin. « Mon problème : arriver à me lâcher ». Conseil de Béreau : « Profitez de ce que vous entendez ». Tout est dit. Belle carrière à Lucie Leguay. 
François Lafon 

https://www.youtube.com/user/philharmoniedeparis
Mise en ligne chaque lundi à 18h, du 18 novembre au 16 décembre (Photo © DR)

 

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