Lundi 10 août 2020
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Tragédie et opéra, théâtre et symphonie, voix et instruments : en 1964, pour la Télévision scolaire du jeudi sur l’unique chaîne de l’ORTF, Jean-Louis Barrault résume son ouvrage Mise en scène de Phèdre de Racine, paru en 1946 et analysant le spectacle qu’il a monté quatre ans plus tôt à la Comédie-Française. Le récitatif et air (sans jeu de mot) comparés à un avion qui décolle et plane en dit plus long que bien des traités : mots et images d’un artisan des planches, face à une intervieweuse au ton désuet. Pour aller plus loin, le livre - passionnant - a été réédité au Seuil (Collection Points). 
François Lafon

lundi 13 avril 2020 à 18h21
Si vous ne l’avez jamais vu, c’est le moment d’aller y faire un tour : depuis un peu plus de trois ans, Alexis Descharmes, violoncelliste de l’Orchestre de Bordeaux Aquitaine et cinéphile cultivé, raconte chaque semaine en quelques minutes d’un petit webdocu, Celloscope, les rencontres parfois improbables du violoncelle et du cinéma. Il prend des airs de youtubeur né de la dernière pluie, mais son exploration du cinéma, extraits à l’appui, est des plus passionnantes. Il connaît bien ses classiques (Bergman et le violoncelle de Bach en quatre épisodes), ressort des comédies jubilatoires (L’Ours et la poupée de Michel Deville avec Jean-Pierre Cassel et Brigitte Bardot), va dénicher des nanars (The Ladykillers, une pochade anglaise avec gangsters musiciens) ou des incongruités de star (Sophie Marceau ou le violoncelle en combinaison rose). Alexis Descharmes situe chaque film dans l’histoire du cinéma, raconte le scénario sans vraiment le dévoiler, alterne tirades d’anthologie (Maria Pacôme dans La Crise de Coline Serreau) et petits tubes musicaux (Adeste fideles dans Mickey Père Noël), dit des choses sérieuses sans se prendre au sérieux, joue sur la liberté et la décontraction. Quitte à chercher des associations insolites, parfois même tirées par les cheveux, il aborde tous les genres : après Fort Saganne ou le violoncelle à dos de chameau, le dernier épisode est consacré à Samuel L. Jackson ou les démanchés du Trio de Brahms. C’est le 45ème de la collection. Sachant qu’en moyenne, un épisode dure un peu plus de 7 minutes, il y a là de quoi se réjouir en se cultivant (et vice versa) pendant au moins six heures. C’est le moment.
Gérard Pangon
 
Tous les Celloscope sont visibles ici, sur la chaîne youtube d'Alexis Descharmes, avec en prime ses enregistrements plus " classiques. " 
 
 

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