Vendredi 18 octobre 2019
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Séoul : haro sur le chef
mardi 25 octobre 2011 à 10h58

« En répétition, il n’entend pas si l’orchestre est accordé ou non. Il ne fait pas non plus la différence entre un hautbois et un cor anglais. » Licenciements, démissions, impression de protest T-shirts : c’est la guerre entre les musiciens du KBS (Korean Broadcasting System) Symphony Orchestra de Séoul et leur chef Shinik Hahm. Le maestro Hahm, fils de pasteur, né en Corée en 1958 et parti pour les Etats-Unis à vingt-cinq ans avec 400 dollars en poche, affiche un beau parcours. « L’orchestre, dirigé par Shinik Hahm, a offert à la violoniste Sarah Chang un accompagnement sympathique et chaleureux », pouvait-on lire en octobre 2010 dans le New York Times à propos d’un concert à Carnegie Hall. Manif, un an plus tard, des membres dudit orchestre : « Nous ne sommes pas un cirque. Chef incompétent, démission ! ». Côté salle et côté scène, la perspective n’est pas toujours la même, et cela ne touche pas que les chefs de deuxième rayon. Dans les années 1970, à l’Opéra de Paris, musiciens et chanteurs admiraient Claudio Abbado, mais plébiscitaient l’honnête maestro Nello Santi. Plus récemment, le nom de Carlos Kleiber n’inspirait au Konzertmeister du Philharmonique de Vienne qu’un morne « Ah oui, lui aussi est venu nous diriger ».

François Lafon

 

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