Samedi 8 août 2020
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Phase 4 Stereo : le spectacle du son
jeudi 25 décembre 2014 à 15h01

Retour sur une époque où l’enregistrement en studio était la norme avec la série Phase 4 Stereo. Conçue pour exploiter au mieux les possibilités de la stéréo toute nouvelle (on est au début des années 1960) sous l’impulsion du producteur Américain Tony d’Amato, elle est un rejeton pas entièrement assumé de la maison de disques Decca. Dans son catalogue l’« easy listening » se mélange avec le classique. Spectaculaires, pleines de détails, avec une ampleur dynamique à mettre l’épreuve vos enceintes, les prises de son étaient fondées sur une console spécialement pensée
pour intégrer vingt canaux différents. Elles offraient surtout l’argument de vente au même titre que les artistes affichés ou les œuvres au programme. Réunis dans un cube aux couleurs psychédéliques très sixties, les 41 CD de la série « classique » forment aujourd’hui un drôle d’objet. Pour la nostalgie, les pochettes en carton reproduisent les enveloppes originales très colorées, même si cette réédition ne respecte toujours les « track list » d’origine. Le contenu lui-même est des plus éclectiques : Gershwin et Katchatourian par l’efficace Stanley Black, un Pierre et le Loup de Prokofiev dirigé par Antal Dorati et raconté par Sean Connery avec un bel accent écossais, un récital d’Eileen Farrell avec des tubes de la comédie musicale, des extraits de Carmen chantés par Marilyn Horne. Les maîtres de la musique de film ont aussi leur place. Miklós Rózsa fait résonner avec éclat les trompettes de Ben Hur, tandis que Bernard Herrmann enregistre des suites tirées de ses BO : nulle part ailleurs on ne peut mieux apprécier ses qualités d’orchestrateur que dans ces enregistrements de Psycho ou Voyage au centre de la Terre. Mais le vrai magicien du son est Leopold Stokowski qui, dans les derniers années de sa vie, dirige une fabuleuse Scheherazade de Rimski-Korsakov, son cheval de bataille, une Symphonie fantastique de science-fiction et, avec un Philharmonique Tchèque qui lui donne ses meilleures couleurs, Bach dans les fameuses transcriptions du maestro himself. En somme, le cadeau idéal pour un ami audiophile plus que pour le collectionneur à la recherche de références, mais quel mal y a-t-il à se faire plaisir avec sa chaîne hi-fi ?

Pablo Galonce

40 CD + 1 CD Bonus Decca 478 6769

 

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