Mardi 15 octobre 2019
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Neville Marriner, avec le temps...
mercredi 5 octobre 2016 à 18h42

Disparition, à quatre-vingt-douze ans, du chef et violoniste britannique Neville Marriner. Pour les cinéphiles, l’artisan de la bande originale du film de Milos Forman Amadeus (1984) : 6 500 000 disques vendus, un record mondial jamais battu. Mais pour ce stakhanoviste de l’enregistrement, le baobab qui cache la forêt : que reste-t-il de ses nombreux disques (Argo, L’Oiseau-Lyre, Philips, EMI) avec l’Academy of St Martin in-the-Fields, l’orchestre de chambre qu’il a créé en 1958 et qui, au temps du 33 tours triomphant et du CD naissant, rivalisait avec ceux de l’English Chamber Orchestra dans les bacs des disquaires ? Sur la déferlante baroqueuse qui a laissé sur la rive ces vénérables institutions a surnagé un temps les Quatre Saisons de Vivaldi qui l’ont rendu célèbre et que certains de ses successeurs historiquement (mieux ?) informés avouent avoir écouté et médité (Decca). Peu de traces, par ailleurs, des pourtant presque aussi nombreux témoignages de sa période symphonique (années 1980) avec le Minnesota Orchestra et l’Orchestre de la Radio de Stuttgart, comme si l’on continuait à lui reprocher dans Schumann et Bartok l’objectivité un peu guindée de ses Bach, de ses Haendel, de ses Corelli. Pas sûr pourtant que tel son maître Pierre Monteux, ce boulimique au répertoire éclectique ne réserve pas, avec le temps, quelques bonnes surprises aux collectionneurs de (déjà) vieilles cires.

François Lafon

Photo © DR

 

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