Vendredi 18 octobre 2019
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Musée de la musique, l’œil du cyclone
jeudi 9 novembre 2017 à 12h52
Vingtième anniversaire du Musée de la musique, « un musée pour vivre la musique », dit l’affiche, sorte d’œil du « cyclone Cité de la musique – (« tiret », insiste le directeur général Laurent Bayle) Philharmonie de Paris ». Une expérience assez fascinante en effet : entre violons et clavecins artistement et pédagogiquement mis en valeur, rappel par le duo Laurent Bayle - Marie-Pauline Martin, jeune directrice du musée, de la naissance conflictuelle de l’endroit : musée de la musique ou des instruments ? Qu’allait-on faire des vénérables collections du Conservatoire ? Fallait-il ou non contextualiser ces machines à produire du son exposées telles des oeuvres d’art, voire des meubles ? Vingt ans après, la place de l’institution dans la puissante dynamique Cité-Philharmonie n’est plus en cause, ni son statut (c’est le Musée de… et non un établissement autonome), ni les nombreuses expositions, animations, documentations pour grands et petits. Deuxième cercle : plongée dans le passé ici exposé - squelette de viole de gambe avec étiquette et collants d’origine, dernière guitare (déjà injouable) de Django Reinhardt, prototype de guitare électrique. Contextualisation parlante : le violoncelle confectionné sur le front avec des caisses de munitions pendant la Grande Guerre pour le musicien-soldat Maurice Maréchal. Troisième cercle hautement protégé  dans les soutes du vaisseau (et donnant sur le périphérique) : le Laboratoire de recherche et de restauration, caverne des secrets à air savamment conditionné, expertise et établissement de fac-simile physiques et sonores d’instruments désormais silencieux. Ou comment dater le bois, faire avouer les âges et états d’un objet musical en interrogeant la colle et le vernis, analyser les aveux en chambre sourde d’une pièce minuscule. Comment surtout retrouver un timbre perdu ou décrit par des textes pas toujours précis, comprendre l’emploi du rouge (alchimique?) ou le rôle des insectes dans l’évolution des matériaux. Enthousiasme et humour des conservateurs (Jean-Philippe Echard, Thierry Maniguet) et du Sherlock Holmes restaurateur  (Stéphane Vaiedelich), à la fois scientifiques et poètes. Et tout cela tout aussi fort mais plus propice au rêve que les exploits de la police scientifique à la télévision. 

François Lafon

Musée de la Musique, Cité de la Musique, Paris. Philharmoniedeparis.fr (Photo © DR)

 

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