Dimanche 25 octobre 2020
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Mozart et l’Opéra de Paris, chemin escarpé
lundi 19 juin 2017 à 20h11
Tout l’été à la bibliothèque-musée du Palais Garnier (antenne lyrique de la Bibliothèque Nationale) : Mozart, une passion française. « Pas d’anniversaire, précise le trio des commissaires - Laurence Decobert, Jean-Michel Vinciguerra, Simon Hatab -, seulement de nouvelles productions de la trilogie Da Ponte ». Gageure : raconter, à partir du riche fonds maison, Mozart et l’Opéra de Paris depuis les voyages en France du jeune Amadeus jusqu’aux productions les plus récentes de ses opéras. Autour du manuscrit de Don Giovanni, relique suprême conservée à la BNF (à laquelle l’avait légué la cantatrice Pauline Viardot) et présentée pour la première fois in loco, s’organise le manège des lectures et relectures. Césure bien vue : les années 1830, au cours desquelles le compositeur à la mode devient un classique. Avant, folles adaptations : La Flûte enchantée devenant Les Mystères d’Isis, Les Noces de Figaro « rabeaumarchaistisées », Cosi fan tutte rebaptisé Les Amants napolitains (voire Le Laboureur chinois), Don Giovanni se terminant sur le Dies Irae du … Requiem (de Mozart, quand même). Après, chemin escarpé pour arriver aux actuelles interprétations « historiquement informées » (pour la musique tout au moins). Constatation : c’est plutôt au Théâtre italien ou au Théâtre Lyrique (XIXème siècle) ou au festival d’Aix-en-Provence (XXème), bref ailleurs qu’à l’Opéra de Paris, que le retour à l’original (pas seulement les langues) s’est effectué. Ce n’est par exemple qu’en 1976 (pendant l’ère Rolf Liebermann) que L’Enlèvement au sérail a été donné pour la première fois en allemand au Palais Garnier, la primeur française de la VO revenant à Aix en 1951. Parcours clair, fluide, permettant aux connaisseurs de s’y retrouver et aux néophytes de ne pas s’y perdre. Un certain humour aussi : reproduction de ce royaume de la musique (Gazette musicale de Berlin, traduit dans Le Journal des comédiens du 4 juin 1829), où Mozart est le roi, Haendel le ministre des cultes, Beethoven le généralissime, Bach le ministre de la justice et Rossini le confiseur de la cour. Beau catalogue, textes à méditer du trio des commissaires.
François Lafon

Exposition Mozart, une passion française. Bibliothèque-musée de l’Opéra de Paris (Palais Garnier jusqu’au 24 septembre. Tous les jours 10h - 17 h (18 h du 17 juillet au 10 septembre). Catalogue, éditions BNF, 39 euros (Photo : Mozart, son père et sa sœur d'après Carmontelle © BnF)

 

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