Vendredi 14 août 2020
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Mariss Jansons : adieu au chef anti bling-bling
lundi 2 décembre 2019 à 16h47
Avec Mariss Jansons, disparaît l’un des derniers grands chefs à avoir été formé en Union Soviétique tout en ayant fait carrière pour l’essentiel en Occident. Elève de Mravinski à Léningrad et protégé de Karajan, le Letton Jansons, lui-même fils du chef d’orchestre Arvid Jansons, était d’abord un professionnel reconnu par ses pairs : travailleur, honnête et humble, à la fois bienveillant et exigeant, bref une sorte d’anti-star, il avait gagné le respect des musiciens, qui appréciaient sa méthode personnelle de mener les répétitions. Sur le podium, chacun de ses gestes était millimétré, chaque phrasé soigneusement dessiné, au risque parfois de donner l’impression que ses interprétations étaient figées, qu’aucune surprise, qu’aucune inspiration du moment n’était possible. Ce côté austère ne l’a pas empêché d’être invité à trois reprises à diriger le concert de Nouvel An du Philharmonique de Vienne, consécration médiatique suprême. Auparavant, il avait révélé son talent au Philharmonique d’Oslo, avant de devenir le patron de l’Orchestre de Pittsburgh, du Concertgebouw d’Amsterdam, puis dans ses dernières années, du Symphonique de la Radio de Bavière, portant chaque fois l’orchestre à la plénitude artistique. Sans oublier qu’il était un extraordinaire chef d’opéra, comme le savent ceux qui ont pu entendre ses interprétations d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski ou de Lady Macbeth de Mtsensk de Chostakovitch. Il s’est éteint le 30 novembre, dans sa maison de Saint-Pétersbourg, à 76 ans : c’est peu dire qu’il laisse un vide immense.  
Pablo Galonce
(Photo © DR)

 

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