Lundi 14 octobre 2019
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Les chiffres de la musique enregistrée. Info ou intox ?
mercredi 12 mai 2010 à 09h57

En France, comme aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, les affaires de la musique enregistrée repartent à la hausse. Selon le SNEP (Syndicat National de l’Edition Phonographique), le marché de gros de la musique enregistrée a pesé, au cours du premier trimestre 2010, 128,6 millions d’euros, c'est-à-dire 8% de plus que l’année dernière. Avec 105 millions de bénéfices, le marché physique augmente de 4,3%, et le marché numérique, avec 23,1 millions, de 28,7%. Au sein des ventes numériques, le téléchargement internet est désormais majoritaire, avec 54% de parts de marché. Conséquence de la loi Hadopi ? Dans les ventes globales, la variété française gagne 3,6 points, alors que la variété internationale perd 2,5 points. Cocorico ! Et le classique, dans tout ça ? Respectons la formulation : « Au cours de ce premier trimestre 2010, le répertoire classique a réalisé un chiffre d’affaires de 8.7 millions d’euros contre 9.4 millions en 2009, 11 millions en 2008, 14 millions en 2007 et 25 millions en 2006. La part de marché de ce répertoire perd un point, passant de 9.3 % à 8.2 %. » Patatras ! André Rieu lui-même ne parvient plus à colmater la brèche. Reste que les chiffres eux-mêmes sont sujets à caution. L’Observatoire de la Musique (dépendant de la Cité de la Musique), conteste l’optimisme du SNEP et indique que le marché du CD audio est en baisse de 7,1%. La différence viendrait de ce que le SNEP s’appuie sur le marché de gros, alors que l’Observatoire se fonde sur le marché de détail. Selon L’Expansion.com : « Le SNEP souligne que l’Observatoire travaille sur des données non exhaustives, ce que conteste ce dernier. » Moralité : les chiffres sont comme les notes sur une partition, on leur fait dire ce qu’on veut.

 

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