Mardi 21 août 2018
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Le Centre National de la musique, une structure qui rassemble
samedi 23 juin 2012 à 09h48

Lever de boucliers à la suite des déclarations d’Aurélie Fillipetti à propos du futur Centre National de la musique et des variétés, lequel devrait, selon elle, avoir vocation de défendre les labels discographiques indépendants plutôt que les majors. Dans Le Monde du 11 juin, David El Sayegh, directeur du Syndicat national de l'Edition Phonographique (SNEP), explique qu’ « en 2011, les majors ont versé plus de 60 millions d'euros à leurs partenaires producteurs indépendants », que « les indépendants font donc quasiment jeu égal avec les majors », et que « voir dans les relations majors/indépendants un rapport par nature antagoniste relève d'une approche populiste ». Dans Le Point du 24 mai, il précisait que « contrairement à une idée reçue, les majors sont des actrices de la diversité musicale. Elles sont, par exemple, les seules à éditer de la musique classique ». Réfutation de ce dernier argument par Jérôme Roger, directeur de l’Union des Producteurs Phonographiques Français Indépendants (UPFI) : « Loin d'avoir "déserté le classique" comme le prétend le SNEP, sur 461 albums classiques, principalement européens et français, édités en 2011 (source : Aide-mémoire des victoires classiques), les indépendants en ont produit 72,5 %. Des labels aussi prestigieux que Harmonia Mundi, Naïve, Outhere et tant d'autres continuent à se battre pour défendre les couleurs du classique en France et dans le monde. » Toujours selon Le Point du 24 mai : « Aurélie Filippetti a notamment marqué son intérêt particulier pour la musique classique, qui, selon ses mots, doit être particulièrement soutenue et encouragée ». Or dans Les Inrocks du 31 mai, on peut lire : « Le CNM n’interviendra pas dans certains domaines, comme la musique classique ». On peut y lire aussi qu’ « au CNM, on veut croire que pour les employés concernés, ce sera plus valorisant et motivant d’être dans une structure qui rassemble ». Nous voilà rassurés.

François Lafon