Mercredi 24 avril 2024
Le cabinet de curiosités par François Lafon
La zarzuela romantique, chasse aux trésors (suite)
jeudi 24 février 2022 à 15h17
De la zarzuela baroque, traitée par Pierre-René Serna dans son précédent ouvrage (voir ici), un exemple probant a été donné avec la récente résurrection en France du Coronis de Sebastian Duron (voir ). Restait (si l’on peut dire) à (dé)couvrir la zarzuela romantique, à la fois mieux connue et paradoxalement moins exportable, car privée des standards de l’actuelle « internationale baroqueuse ». Le mouvement s’emballe entre 1830 et 1856, lorsque Madrid se dote d’un Teatro de la zarzuela, toujours en activité (il a même remplacé le Teatro Real fermé pour restauration dans les années 1990), fleuron d’une capitale qui a compté une quarantaine de salles. Le terme « romantique » correspond à l’époque plus qu’au style des milliers d’ouvrages représentés : « zarzuela bourgeoise » ou même « populaire » serait moins… romantique mais plus juste, les livrets mettant volontiers en scène le petit peuple madrilène et son folklore. Comme pour la zarzuela baroque, Serna montre son talent à être précis et autant que possible exhaustif, sans trop noyer le lecteur dans des énumérations sitôt lues sitôt oubliées d’ouvrages et de compositeurs. De ce foisonnant univers, il extrait le dessus du panier (Tomas Breton, Federico Chueca, plus tard Amadeo Vives), marque bien le fossé qui sépare la zarzuela grande et la zazuela chica et propose en fin de volume une discographie où l’on retrouve – preuve qu’il ne s’agit pas d’un sous-genre lyrique - des stars telles Teresa Berganza, Alfredo Kraus et Placido Domingo, ainsi que des chefs de la trempe d’Ataulfo Argenta. 
François Lafon

La zarzuela romantique, de Pierre-René Serna, Bleu Nuit éditeur, 176 p., 20 euros

 

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