Mercredi 16 octobre 2019
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Kurt Masur, toute la presse en parle
dimanche 20 décembre 2015 à 12h38

Raz-de-marée médiatique à l’annonce de la disparition de Kurt Masur : « L’un des plus grands chefs du monde est décédé », titre l’Obs ; « Kurt Masur, chef d’orchestre et héros de la transition démocratique en RDA de 1989, est mort », surenchérit Le Monde. Le 20 heures de France 2, que les musiciens classiques n’émeuvent en général pas autant, lui consacre même sa séquence finale. Hommage à un excellent chef tous terrains, certes, mais souvenir, surtout, de l’acteur de la réunification allemande, accueillant d'égalà égal François Mitterrand à Leipzig, où il était directeur depuis 1970 de l'Orchestre du Gewandhaus. Souvenir aussi, pour un moins large public, de sa période new-yorkaise (1991-2002), qui avait achevé de faire de lui une star bankable, et de ses années parisiennes (2002–2008) à la tête d’un Orchestre National de France reprenant des couleurs après des années moroses. Une image bien différente de celle qu’il avait longtemps traînée de « chef des pays de l’Est », connu pour ses enregistrements « dans la tradition » : Beethoven, Mendelssohn, Brahms solides et un peu ternes bénéficiant du ton et du son de l’historique Gewandhaus, mais aussi – belles surprises – des Bach pré-baroqueux dans le style lipsien (une belle Saint Matthieu « de chambre » alla Gunter Ramin à la basilique de Saint-Denis), ou des Tchaikovski à l’allemande, sans l’épaisseur de ceux de Karajan. Hors estrade, Kurt Masur avait une voix douce qui contrastait avec son physique imposant et son autorité de Kapellmeister. Une dichotomie qui le définissait assez bien.

François Lafon

Photo © DR

 

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