Vendredi 18 octobre 2019
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Jon Vickers et l’artistiquement correct
mercredi 27 janvier 2016 à 11h17

Réédition chez Warner du Voyage d’hiver de Schubert par Jon Vickers. Un cas d’école : tel l’éléphant dans un magasin de porcelaine, le Tristan (et l’Otello, le Don José, le Peter Grimes, le Florestan, etc.) de son époque fait tout ce qu’il ne faut pas faire. Il joue au lieu de suggérer, incarne au lieu de d’évoquer, lâche, au lieu de la retenir, une voix plus râpeuse que jamais (l’artiste était en fin de carrière). Applaudissements gênés mêlés de bravos frénétiques au Théâtre des Champs-Elysées (16 février 1983), où l’on est venu parce que Vickers en scène – quoi qu’il chante – ça ne se rate pas. Foudres de la critique quand paraît l’enregistrement chez EMI, où le directeur Alain Lanceron décide d’immortaliser en studio l’objet du scandale et parle « d’un parcours à mille lieu des standards du Liederabend, mais qui fit date ». Trente ans plus tard, instructive vérification : Vickers fait bien tout ce qu’il ne faut pas faire et a raison de le faire. Mystère de l’artistiquement correct… L’album est titré In memoriam Jon Vickers 1926-2015, complété pour les anglophones (pas de traduction dans le livret) par une intéressante conversation avec l’artiste enregistrée à Londres en 1998.

François Lafon
 

2 CD Warner Classics 0825646031573

 

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