Lundi 20 janvier 2020
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Jean-Claude Malgoire, un ancien très moderne
dimanche 15 avril 2018 à 12h31
Querelle des anciens et des modernes version 1974 : faut-il écouter Les Indes galantes de Rameau par le moderne Jean-François Paillard (4 LP Erato) ou par l’ancien Jean-Claude Malgoire (3 LP CBS) ? C’est l’époque où l’on découvre que pour être moderne, il faut être ancien. Malgoire connait la question : il a été cor anglais à l’Orchestre de Paris, membre de l’Ensemble « de musique contemporaine » 2e2m et jazzman en compagnie de Michel Portal, et s’est fait un nom - avec La Grande Ecurie et la Chambre du Roy qu’il a fondé en 1966 - parmi les modernes à l’ancienne que les anciens modernes traitent déjà de baroqueux. Sa façon plus enthousiaste que technique de secouer la poussière séculaire lui vaudra deux désagréments complémentaires : d’un côté il servira de bouc émissaire aux « tradi » prétendant que les baroqueux ne sont que des boy-scouts éphémères, de l’autre il sera dépassé par ceux auxquels il aura ouvert la voie et qui n’auront de cesse de prouver qu’ils ne sont ni boy-scouts ni éphémères. Avec son Atelier Lyrique - qu’il qualifie « d’art et d’essai » - au Théâtre Municipal de Tourcoing (rebaptisé Raymond Devos, lui-même musicien éclectique), il entretiendra la flamme trente-sept ans durant (1981-2018). Ses deux derniers programmes, avant de disparaître brusquement dans la nuit du 13 au 14 avril : Pelléas et Mélisande de Debussy et La Création de Haydn, comme pour montrer une fois pour toutes que la querelle des anciens et des modernes est un faux problème. 
François Lafon
 
 

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