Samedi 8 août 2020
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Georges Prêtre, à double tranchant
mercredi 4 janvier 2017 à 21h08
Georges Prêtre, qui vient de disparaître à 92 ans, était le « chef de Callas » et « le chef acclamé partout sauf dans son pays natal ». Deux distinctions à double tranchant : c’est de la Callas déclinante, installée à Paris et comme lui sous contrat avec La Voix de son Maître, qu’il était devenu le Tullio Serafin tardif. Le « Nul n’est prophète… » est plus largement partagé : Bertrand de Billy, excellent chef français fêté (comme lui) à Vienne, était encore hué la semaine dernière au Palais Garnier dans Iphigénie en Tauride de Gluck. La clé du mystère Prêtre réside peut-être dans l’engouement qu'eut pour lui son mentor Francis Poulenc : ce natif du Nord, élève de Maurice Duruflé au Conservatoire de Paris, était à la fois prosaïque et raffiné, donc tout trouvé pour créer La Voix humaine, ce qu’il fit en 1959 avec la soprano Denise Duval, imposée par le compositeur contre l’avis de son éditeur, qui lui aurait préféré … Maria Callas. En 2008 et 2010, Georges Prêtre a dirigé – premier et jusqu’à ce jour denier Français à le faire – le très médiatisé Concert du nouvel an à Vienne, consécration d’autant plus inespérée que c’est du Wiener Symphoniker, moins coté que le Wiener Philharmoniker, qu’il avait été premier chef invité de 1986 à 1991. Il était par ailleurs considéré en Italie, et particulièrement à la Scala de Milan, comme l’égal de Claudio Abbado ou Riccardo Muti. L’effet Callas, encore une fois ? 
François Lafon
 

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