Vendredi 14 août 2020
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Blandine Verlet, liberté contrôlée
mercredi 2 janvier 2019 à 23h16
Blandine Verlet en quatre décennies. Années 1970 : la jeune claveciniste, élève d’Huguette Dreyfus et Ralph Kirpatrick, joue Bach à l’église Saint Germain-des-Prés. Un voyage dans les œuvres, comme si la barre de mesure n’existait pas, pour ceux qui auraient cru que le rubato commençait avec Chopin. On lui reprochera cette liberté, en un temps où la musique ancienne est affaire de chapelles. Années 1990, dans son rez-de-chaussée de travail entre Jardin des Plantes et Arènes de Lutèce. Partitions partout. Commentaires de sa voix douce, tendre à ses compositeurs favoris (Rameau, Jacquet de la Guerre, Froberger, Frescobaldi et bien sûr les Couperin, François le Grand et Louis, l’oncle méconnu), plus dure aux contemporains, baroqueux en mal d’originalité, commerçants de la diffusion de la musique. Elle esquisse quelques pièces : impression, toujours, d’improvisation contrôlée, l’art qui cache l’art. Années 2000, métro parisien ligne 5, retour du salon Musicora à la Grande Halle de la Villette. Véhémente envers ceux qui prétendent l’aduler pour mieux la remiser au rayon des ancêtres. Des gens l’ont reconnue : grand sourire, l’œil bleu jette encore des flammes. Années 2010, nouveau Couperin (3ème Livre, 13ème et 18ème Ordres) chez Aparte (voir ici). Sur la couverture : l’artiste avance sur un chemin de campagne, dos à nous. 30 décembre 2018, Blandine Verlet, soixante-seize ans, nous quitte définitivement. Discographie inchangée.
François Lafon

 

Le cabinet de curiosités
 
Anciens sujets par thème
 

Anciens sujets par date
2020
2019
2018
2017
2016
2015
2014
2013
2012
2011
2010
2009