Samedi 8 août 2020
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Beethoven selon Wagner : l’Apothéose de la danse
mercredi 5 octobre 2011 à 15h12

Mais qu’avez-vous, chers fidèles de musikzen.fr, à vous passionner soudain pour les surnoms donnés aux œuvres célèbres, et en particulier à celui de la 7ème Symphonie de Beethoven ? Les pièces à titre, c’est avéré, marchent mieux que les autres. La 14ème Sonate pour piano en ut dièse mineur op. 27 n° 2 de Beethoven ne serait peut-être pas aussi célèbre si son Adagio sostenuto n’évoquait un clair de lune, et l’ultime Symphonie de Mozart paraîtrait probablement moins grandiose si elle n’était surnommée « Jupiter ». La plupart de ces titres sont d’ailleurs apocryphes : c’est le poète Ludwig Rallstab qui a trouvé « Clair de lune » et l’impresario Johann Peter Salomon, probablement influencé par la tonalité d’ut majeur du chef-d’oeuvre, qui a pensé à « Jupiter ». Il y a des titres moins évidents : pourquoi la Sonate « Waldstein » de Beethoven (du nom de son dédicataire) s’appelle-t-elle aussi « L’Aurore », pourquoi la 1ère Symphonie de Tchaikovski, pourtant composée pendant l’été 1866, est-elle sous-titrée « Rêves d’hiver » ? On comprend mieux l’appellation « Chant de la nuit » pour la 7ème Symphonie de Mahler dont les deux Nachtmusik sont les moments les plus étonnants, ou encore l’appellation de « Brandebourgeois » conférée par le musicographe Julius August Philipp Spitta aux six Concertos dédiés par Bach au margrave Christian Ludwig de Brandebourg. Le sous-titre de la 7ème Symphonie de Beethoven n’est pas dû, lui, à un commentateur oublié, mais à Richard Wagner en personne. Sensible aux rythmes très marqués dont l’œuvre est saturée, il l’a surnommée « Apothéose de la danse », ce qui, pour nos oreilles modernes, ne signifie plus grand-chose.

François Lafon

Photo : La Danse, de Carpeaux, sur la façade de l'Opéra Garnier à Paris

 

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