Samedi 26 novembre 2022
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Akhnaten  de Philip Glass à Nice et sur la Toile
vendredi 27 novembre 2020 à 14h55
Dans le cadre du Festival Manca, l’Opéra de Nice devait ouvrir sa saison avec Akhnaten, troisième ouvrage lyrique de Philip Glass – qui, avec Einstein on the beach et Satyagraha, clôt au début des années 1980 une première trilogie d’« opéras-portraits ». Créé à Stuttgart, en 1984, l’ouvrage connut sa première française presque vingt ans plus tard, à l’Opéra du Rhin (Strasbourg), en 2002. Cette nouvelle production, confiée à Lucinda Childs, fidèle du compositeur, chorégraphe et metteur en scène (Dance, Einstein, etc.) et au jeune chef Léo Warynski, fut maintenue à l’affiche alors que les représentations étaient annulées. La décision de poursuivre les répétitions permit la captation du spectacle, désormais mis en ligne sur la toile.
Sans décor, ou presque, le spectacle se joue sur un unique et gigantesque disque incliné où évoluent chanteurs et danseurs. On apprécie la metteur en scène qui apparaît en buste au-dessus de la scène, tel un fantôme ou un hologramme, et « raconte » (en anglais, sous-titré) le destin du pharaon Akhenaton dont les Égyptiens ont voulu effacer toute trace. Sa chorégraphie superpose habilement les danseurs sur scène avec leurs images projetées agrandies – à la manière du film réalisé par Sol LeWitt qui accompagnait la chorégraphie initiale de Dance. Chanté à partir d’un livret écrit en égyptien ancien, le style de l’ouvrage s’inspire de l’oratorio haendélien et, à cet égard, les nombreuses parties chorales sont restituées avec soin par le chœur de l’Opéra, bien préparé par le chef d’orchestre qui, aguerri au répertoire contemporain, a su donner l’impulsion à l’ensemble.   
Dans le rôle-titre, le contre-ténor Fabrice Di Falco (Les Quatre jumelles de Régis Campo, La Métamorphose de Michael Levinas…) succède avec brio à Paul Eswood, le créateur, dans un style moins éthéré et une émission plus claire. À ses côtés, l’étonnante Patricia Ciofi (la reine Tye), qui se plie sans peine aux notes étirées et répétées du compositeur, tout comme le reste de la distribution, Julie Robard-Gendre (Nefertiti), Joan Martin-Royo (Horemhab), Frédéric Diquero (Amon) et Vincent Le Texier (Aye). À voir et revoir sur la toile.     
                                                              Franck Mallet

• https://youtu.be/jSAOrULT-F4


Photo : Akhnaten @ Dominique Jaussein
 

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