Jeudi 17 octobre 2019
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Tchaikovski, victime désignée
mardi 27 août 2013 à 09h20

Parmi les premières victimes de la loi interdisant « la propagation d’informations sur les relations sexuelles non-traditionnelles auprès des jeunes » en Russie : le biopic de Tchaikovski que prépare Kirill Serebrenikov, cinéaste de bonne réputation et directeur artistique du Théâtre Gogol de Moscou. Au terme de cinq révisions imposées au script par le ministère de la Culture – lequel finance en partie le projet – le scénariste Yuri Arabov a nié que lesdites révisions aient concerné la sexualité du compositeur et affirmé que celui-ci n’était pas gay, qu’il était « une personne sans famille, poursuivi par la réputation d’aimer les hommes et souffrant de cette rumeur. » Réaction du musicographe Alexandre Poznanski, spécialiste du compositeur : « Nier que Tchaikovski ait été un homosexuel avéré est insensé. Cette histoire est significative de l’atmosphère qui règne actuellement en Russie, et fait de ce pays la risée du public occidental cultivé. » Post d’un lecteur du quotidien britannique The Independent à la suite d’un article sur le sujet : « Abraham Lincoln était gay ou bisexuel, il a vécu un moment avec un homme. Dans le récent biopic de Steven Spielberg, cela n’est jamais mentionné. Censure, autocensure ou décision commerciale ? » Un partout ! Avec ses défauts et ses outrances, le film de Ken Russell Music Lovers, la Symphonie Pathétique, récemment réédité en DVD (voir ici), nous renvoie au moins à une époque (1970) où l’on avait l’innocence de croire que les mentalités ne repartiraient plus dans ce sens.

François Lafon

 

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