Lundi 9 décembre 2019
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Sciarrino-Schubert, habitude militante
mardi 20 novembre 2018 à 01h01
Création d’une commande-maison à la Fondation Louis Vuitton : Stupori, pour baryton, violon, flûte et percussions de Salvatore Sciarrino, vertige d’un cycle Maurizio Pollini annulé tardivement, et mêlant, selon l’habitude militante du pianiste, répertoires classique et contemporain. En guise de prélude : 6 Capricci pour violon, composés en 1976, suivis de deux pièces pour flûte plus récentes (1989 et 2001) : pluie et vent, bestiaire imaginaire, corps haletant (extraordinaire Immagine Fenicia pour flûte) illustrant la grande interrogation du compositeur : « Je suis ici et maintenant : qu’est-ce que j’entends ? ». Inspiré d’un haïku, d’une inscription sur un palais Renaissance ou d’une épigraphe dans une langue jadis parlée par les Messapes, Stupori procède du même univers, opéras miniatures chers à Sciarrino, mais curieusement moins évocateurs, en dépit de l’excellente interprétation du baryton Otto Ketzameier et des formidables violoniste (Carolin Widmann) et flûtiste (Matteo Cesari). Seconde partie romantique alla Pollini : le Quintette en ut majeur de Schubert - créé il y a 190 ans jour pour jour - par le quatuor Hagen et Gautier Capuçon en second violoncelle. L’esprit est là, les accidents de parcours aussi. L’Adagio, moment de grâce attendu, ne déçoit pas pour autant.
François Lafon

Fondation Louis Vuitton, Paris, 19 novembre (Photo © Harald Hoffmann - CardArchive)

 

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