Samedi 8 août 2020
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Dialogues des Carmélites, opéra radical
dimanche 28 octobre 2012 à 11h33

« A la fin de Dialogues des Carmélites, toutes les Carmélites doivent mourir ». C’est le cri du cœur que poussent par voie de justice les héritiers de Georges Bernanos et Francis Poulenc à l’occasion de la reprise de l’ouvrage au Staatsoper de Munich dans la mise en scène de Dmitri Tcherniakov. Tardive réaction : le spectacle existe depuis 2010, il est même paru en DVD l’année dernière, et les représentations auront lieu, accompagnées d’une mise au point distribuée au public. Tcherniakov, connu pour ses relectures radicales mais talentueuses du répertoire (son Don Giovanni façon complot de famille a alimenté la chronique au festival d’Aix) n’y est, il est vrai, pas allé de main morte : plus de Carmélites, plus de Révolution française, mais des femmes, quelque part dans un pays totalitaire, qui finissent par faire sauter à coups de bouteilles de gaz le local vitré dans lequel elles vivaient à la fois recluses et exposées au regard des passants. Argument du metteur en scène : l’angoisse générée par une telle situation parle davantage à notre époque. Peut-être, mais ce qui a choqué les ayants-droit, c’est que ces dames (sauf une) finissent par sauver leur peau, alors que l’œuvre ne prend son sens que si elles accomplissent leur vœu de martyre. Un radicalisme, en effet, qui devrait continuer à parler à notre époque.

François Lafon

Bayerische Staatsoper, Munich, les 28 octobre, 1, 4 novembre.

 

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