Lundi 3 août 2020
Le cabinet de curiosités par François Lafon
Parité musicale, totems et tabous
jeudi 8 mars 2018 à 21h26
2% de partitions signées par des femmes : pas assez de compositrices dans les programmes des concerts, se désole la Ministre de la Culture et de la Communication, à l’occasion de la Journée de la Femme. Pour y remédier, le HCE (Haut Conseil à l’Egalité femmes-hommes) préconise un système de bonus-malus. Objectif : parité absolue. Réponses habituelles du milieu, recevables (le déséquilibre résulte d’un héritage essentiellement masculin) ou non (on connait peu de chefs-d’œuvre composés par des femmes). Selon Le Parisien, Claire Bodin, directrice du festival Présences féminines (Toulon) dit devoir envoyer quatre-vingt-un e-mails contre deux en général (?) pour trouver une partition signée d’une femme. Et chacun de citer Hildegard von Bingen (Moyen-Age) et Elisabeth Jacquet de la Guerre (XVIIème-XVIIIème siècle), Fanny Mendelssohn et Clara Schumann (XIXème siècle), Lili Boulanger et Germaine Tailleferre (XXème siècle). Impossible, pourtant, de refaire l’histoire : pour que la parité soit juste et effective, il faut en créer les conditions, et l’on sait que talent artistique et égalité des chances ne vont pas toujours de pair. Notre époque est en progrès, de Kaija Saariaho à Violeta Cruz (voir ici), mais ces compositrices composent de la musique … contemporaine, réputée peu accessible au grand nombre. Encore un tabou, que quotas, commandes officielles et bonnes intentions auront du mal à abattre. 
François Lafon
(Photo © DR)

 

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