Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Une lecture sociale de la Bohème
lundi 11 octobre 2010 à 10h27

Avec sa dernière production de La Bohème de Puccini, le Capitole de Toulouse sacrifie à une tradition fortement ancrée : cette pièce est pratiquement revisitée tous les cinq ans, et l’on compte vingt-cinq reprises depuis sa création in loco. Les amours impossibles du livret sont-elles particulièrement appropriées à la fibre toulousaine, ou bien, au contraire, ce sont les pierres d’attente d’une lecture sociale de l’histoire qui fascinent ? Le metteur en scène Dominique Pitoiset appuie, quant à lui, ce dernier aspect et intensifie le vérisme de l’intrigue qui se déroule dans le Paris du 21e siècle. Pour les deux premiers tableaux, cette adaptation ne contraste pas avec la musique. En revanche, les deux derniers « résonnent » de manière très anachronique par rapport à ce que l’on entend : l’actualisation est exagérée et ne colle plus vraiment avec l’œuvre. Cela n’empêche pas l’émotion de passer, malgré aussi une certaine inégalité des chanteurs, un équilibre fragile entre l’orchestre et les voix, et une direction (Niksa Bareza) très conventionnelle

Katchi Sinna

Théâtre du Capitole, Toulouse, les 3,5,6,7,8,10,12,13,15,17 octobre 2010.

Photo DDM/Frédéric Charmeux