Jeudi 23 mai 2019
Concerts & dépendances
The Rake’s Progress, l’ultime ironie
mercredi 17 octobre 2012 à 10h19

Reprise au Palais Garnier du Rake’s Progress de Stravinsky dans la mise en scène d’Olivier Py. Lumière noire, acrobates, Crazy Horse Girls : aucune référence aux gravures moralisantes de Hogarth (1697-1764) qui ont inspiré au compositeur ce vrai-faux pastiche de Mozart et de Pergolèse. « Il est toujours intéressant d’importer à l’opéra des esthétiques qui lui sont a priori extérieures » déclare Py, qui voit cette « Carrière du libertin » comme un avatar original du mythe de Faust, où un jeune homme à qui tout est donné convoque son démon personnel pour mieux précipiter sa perte. Dans la fosse, Jeffrey Tate ne surexpose pas non plus les références à l’opéra baroque. On peut voir dans sa façon de ne faire corps avec les personnages que dans les moments de désespoir, une ironie plus dure encore que dans l’habituel exercice de style. Distribution à l’avenant : grandes voix lyriques (formidable Charles Castronovo en Libertin sanguin) et non plus baroqueux recyclés. Tout cela donne au spectacle une cohérence qu’il n’avait pas lors de sa création en 2008, où l’on avait surtout vu la mise en avant des fantasmes personnels du metteur en scène.

François Lafon

Opéra de Paris – Garnier. 10, 12, 16 ; 19, 22, 25, 28, 30 octobre Photo © Opéra de Paris/J.M. Lisse