Mercredi 17 juillet 2019
Concerts & dépendances
Simon Rattle, Stravinsky, apothéose de la danse
vendredi 22 septembre 2017 à 23h33
Week-end Stravinsky à la Philharmonie de Paris : Simon Rattle dirige la « Ballet trilogy » (L’Oiseau de feu, Petrouchka, Le Sacre du printemps) avec le London Symphony Orchestra. Une première au concert (paraît-il), épuisante pour l’orchestre et délicate pour le chef. Le premier se couvre de gloire, le second nous rappelle que c’est souvent là où l’on ne l’attend pas qu’il étonne le plus. Depuis ses enregistrements de jeunesse (EMI) avec l’Orchestre de Birmingham, on sait son Stravinsky anguleux et analytique, bien que son geste se soit arrondi (les années Berlin y sont-elles pour quelque chose ?). Dans L’Oiseau de feu, ultime hommage de Stravinsky à son maître Rimski-Korsakov, il fait apparaître le trublion sous l’élève respectueux. Dans Petrouchka, il passe au scanner l’extraordinaire patchwork savant/populaire, faux collages et vrais chausse-trappes résultant de cette libération. Enfin son Sacre du printemps pousse à l’extrême ce cheminement, continuité et rupture mêlés. Pour cela, il se permet quelques libertés avec le rythme (les bouléziens feront la grimace), quelques accentuations personnelles. La salle, bondée, ne s’y arrête pas et réserve un triomphe mérité au chef et aux musiciens (fabuleuse trompette dans Petrouchka, haute voltige des percussionnistes). Un exemple à méditer, une semaine après le Sacre très différent dirigé par Mikko Franck avec le Philharmonique de Radio France (voir ici). 
François Lafon

Philharmonie de Paris, Grande salle Pierre Boulez, 22 septembre (Photo © Charles d'Hérouville)