Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Saintes 2018 – 4 : Le Bach attentionné de Damien Guillon
lundi 23 juillet 2018 à 22h39
Damien Guillon se rappelait Philippe Herreweghe en fervent marathonien de Bach au Festival de Saintes, le contre-ténor répétant la veille une nouvelle cantate donnée le lendemain… Une épreuve dont il garde néanmoins un bon souvenir, au point de revenir quelques années plus tard, cette fois à la tête de son Banquet Céleste, bien entouré par Maïlys de Villoutreys (soprano), Nicholas Scott (ténor) et Benoît Arnould (basse), pour les Cantates BWV 62, 64 et 156. Mesuré, son Bach respire la clarté et déploie une ferveur simple et naturelle, dans l’attente fébrile de Noël (BWV 62) comme dans l’abandon face à la mort (BWV 156). Neuf instrumentistes et quatre chanteurs, faisant office de chœur : il n’en faut pas plus avec des interprètes aussi attentionnés. En soirée, la menace, avortée, d’un orage – seulement trois gouttes – ne permit pas à Hugo Reyne de donner la pleine mesure de ses Water Music haendéliennes, initialement prévues dans les jardins et rapatriées in extremis dans l’abbaye. Le chef de La Simphonie du Marais avait beau manier l’humour – casquette sur la tête, il « racontait » la création fastueuse, presque jour pour jour  trois siècles plus tôt, le 17 juillet 1717), de cette musique sur la Tamise, entre Londres et Chelsea. Il manquait la grandeur d’un espace, malgré une alternative bien venue – l’adaptation qu’il avait réalisée pour son instrument soliste, la flûte, du Concerto HWV 294 –, et de spirituelles cornes de brume, cris de mouettes et autres souffles des vents… en prélude à « l’embarquement ».
Franck Mallet
 
(Photo Le Banquet céleste © Sébastien Laval)