Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Saintes 2018 - 3 : Bach et la carburation
mardi 24 juillet 2018 à 19h32
Quand on s’embarque pour les cantates de Bach, c’est une aventure qui commence, l’exploration d’un univers immense qu’on n’aborde pas sans biscuits, comme ces audacieux qui remplissent une 2CV jusqu’au toit pour aller faire le tour du monde, Paris-Pékin, ou Dunkerque-Tamanrasset. Dans ses bagages, l’ensemble Gli Angeli Genève a donc rassemblé de bonnes provisions, chanteurs, violons, clavecin, orgue, flûtes, basson… Et le chef de la bande, Stephan Mac Leod n’est pas un novice, des expéditions de ce type, il en fait déjà pas mal, avec des guides expérimentés. Ce 16 juillet à Saintes, on a juste l’impression que le matériel n’a pas voyagé au mieux, que chacun a du mal à retrouver sa place. Il est vrai que les trois cantates BWV 94, 178 et 107, composées à Leipzig à l’été 1724 alors que la famille Bach s’y est installée un an auparavant, ne sont pas parmi les plus lumineuses, qu’elles expriment le doute. « Que pourrais-je demander au monde, » dit le texte de la cantate 94. Il manque juste, ce jour-là, le petit quelque chose qui les transcende, cette petite étincelle qui entraîne tout un ensemble dans un même élan. Les 2CV ont parfois des problèmes de carburation.

Gérard Pangon

(Photo © Lucie Favriou)