Dimanche 18 août 2019
Concerts & dépendances
Radio France – Philharmonie, l’ordre des choses
vendredi 17 avril 2015 à 12h33

Double scoop de fin de semaine : la 3ème chambre civile du Tribunal de grande instance de Paris déboute Jean Nouvel de sa demande de mise en état de la Philharmonie de Paris selon ses plans, et l’Inspection générale des finances blanchit Mathieu Gallet de toute responsabilité dans les disfonctionnements budgétaires qui ont alimenté la grève à Radio France. Il est vrai que la Philharmonie fonctionne, qu’elle ne désemplit pas depuis son ouverture en janvier et que l’acoustique de la grande salle est unanimement louée. Il est vrai aussi que les raisons de la crise de Radio France sont bien antérieures à la nomination de son actuel président. Il n’est pas moins vrai que la Philharmonie fait encore penser au restaurant ouvert trop tôt dans Playtime de Jacques Tati, et que l’on annonce une fermeture estivale destinée, entre bien d’autres choses, à procéder à d’importants réglages acoustiques. Il n’est pas moins vrai non plus qu’en dépit de résultats d’audiences (relevées au début de la grève) meilleurs que prévus, les antennes de Radio France doivent faire l’objet d’une vaste réflexion (et le numérique dans tout cela ?), que l’ouverture d’un luxueux auditorium n’a pas suffi à apaiser la toujours explosive rivalité entre les deux orchestres maison, et que la double dichotomie artistique-politique/culture-rentabilité n’a pas fini de mettre à mal la vocation vertueuse du « service public ». Que l’architecte dispendieux soit renvoyé à ses rêves et que le patron sans états d’âme soit soutenu par l’autorité est plus que jamais dans l’ordre des choses.

François Lafon