Jeudi 18 juillet 2019
Concerts & dépendances
Présences : la galaxie Kaija Saariaho à Radio France
samedi 11 février 2017 à 00h21
Ouverture, à l’Auditorium de la Maison de Radio France, du 27ème festival Présences. Retour, après quelques thématiques géographiques (la Méditerranée, les deux Amériques, l’Italie) à un invité de marque, cette fois la très fêtée compositrice finlandaise Kaija Saariaho, fixée à Paris de longue date et représentante d’un pays riche en personnalités musicales (d’Esa-Pekka Salonen à Karita Mattila) en même temps que d’une Europe artistique convergeant vers la Ville (encore) Lumière. Pour ce premier concert (sur dix-huit) réunissant la galaxie Saariaho et sous-titré « Je dévoile ma voix » : deux œuvres de l’hôtesse – une ancienne (Graal Théâtre – 1994) et une plus récente (Adriana Songs – 2006) - encadrant Denkklänge, une création mondiale signée Raphaël Cendo. Deux compositeurs mais trois univers, Graal Théâtre, grand poème pour violon inspiré de l’épopée arthurienne actualisée par Jacques Roubaud et soutenu par un orchestre frémissant, tranchant sur l’expressionnisme lyrique des Adriana Songs, quintessence, sur un texte d’Amin Maalouf, du deuxième opéra de Saariaho, Adriana Mater. Question d’interprétation aussi, le violon très virtuose mais sans effet intempestif de Jennifer Koh ne faisant pas moins hiatus avec le ton mélodramatique de la mezzo Nora Gubisch dans un condensé de la vie d’une femme en temps de guerre, où la sobriété d’une Anne Sofie von Otter ferait probablement merveille. Entre ces deux morceaux de maître, la pièce de Raphaël Cendo, proposant de « ne plus penser par images, mais de provoquer la pensée/son », transforme en bolide l’Orchestre Philharmonique de Radio France fermement dirigé par le chef russe (formé en Finlande) Dima Slobodeniouk et lancé dans une course folle traversant déchirures et barrissements, pensées/sons et sons impensables. 

François Lafon

Présences, Maison de Radio France, 18 concerts jusqu’au 19 février (Photo © DR)