Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Orchestres américains : ton univers impitoyable…
lundi 9 mai 2011 à 12h58

Suite américaine aux déboires financiers de l’Orchestre de Philadelphie. Honneur, si l’on peut dire, aux Big Five (les cinq Grands) : le Chicago Symphony a enregistré un déficit de 15 millions de dollars pour l’exercice 2009 ; le Boston Symphony sauve les meubles, mais 5% du personnel a été mis à pied et les salaires ont été baissés de 10% et gelés pour deux ans ; l’Orchestre de Cleveland avoue un déficit d’exploitation de 2 millions de dollars. Courte grève des personnels. Plus grave, la situation des autres orchestres : Detroit termine une grève de six mois (perte globale, 54 millions de dollars, saison annulée) ; Baltimore baisse les salaires de 16,6% ; New York City Opera : Charles Wall, président du conseil d’administration, fait un don personnel de 2,5 millions de dollars ; Houston : plan d’économie de 900 000 dollars, mais déficit de 15 millions de dollars ; Rochester : économies drastiques imposées par Eastman Kodak, créateur de l’institution ; Colombus : bras de fer entre la direction et les employés, un million de dollars d’économie sur les salaires ; Milwaukee : 500 000 dollars d’économies ; Syracuse : annulation de la saison ; Nouveau Mexique : faillite en cours ; Louisville : seize permanents et seize intérimaires remerciés ; Honolulu : liquidation en 2010 mais rachat des actifs par des particuliers. Sponsors exsangues, envolée des frais fixes, mais aussi chute brutale des abonnements. La musique classique, gage d’ascension sociale, modèle culturel importé d’Europe, n’est plus en temps de crise un produit de première utilité. Ici, les budgets sont en berne mais la musique est subventionnée et l’on construit la Philharmonie de Paris. Pour accueillir les orchestres américains en tournée ?

François Lafon