Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Notes utopiques à la Cité de la musique.
vendredi 3 décembre 2010 à 14h11

Thème de la saison : Les utopies. Titre du cycle : L’art total. Clou du concert de l’Orchestre National de Lyon dans la salle ovale de la Cité de la musique : la version son et lumière du Prométhée de Scriabine. Pour chauffer la salle et l’orchestre, dirigé avec plus d’élégance que de punch par son bientôt ex-chef Jun Märkl : le Prométhée de Liszt (Malheur et gloire), Mort et transfiguration de Strauss (sans commentaire) et Les Créatures de Prométhée de Beethoven (avec le thème du finale de la Symphonie « Héroïque » en version ballet).  De Baudelaire à Messiaen, « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent », et Scriabine, en 1911,  a rêvé un clavier de lumières aujourd’hui réalisé : à chaque harmonie, une couleur projetée derrière l’orchestre, doublée, sur les murs de la salle, d’une progression lumineuse moins illustrative. Au début, la magie opère : l’énorme orchestre, avec orgue et piano (Roger Muraro, toujours à l’aise dans les défis fous) est plongé dans une pénombre animée de lueurs mi-boite de nuit mi-Nuit de Walpurgis. Mais bien vite, ce sont les mêmes effets qui se répètent, et l’on finit par se dire que cette musique monstre manque d’imagination. Alors on ferme les yeux, et si l’extase ne vient pas, on ne peut s’en prendre qu’à soi.

François Lafon