Mardi 27 octobre 2020
Concerts & dépendances
Nicholas Angelich, au bout des Goldberg
lundi 16 mai 2011 à 23h50

Deux remarques à propos des Variations Goldberg de Bach, telles que Nicholas Angelich vient de les enregistrer (Virgin) et de les jouer au Théâtre des Champs-Elysées her soir. A l’écoute du disque (voir ici), c’est l’équilibre qui domine : équilibre des mains, équilibre structurel (mise en valeur de la composition en miroir des trente Variations encadrées par l’Aria), équilibre stylistique (Angelich n’imite pas le clavecin mais n’en fait pas non plus un prototype des Variations Diabelli de Beethoven). En concert, le danger prédomine. Millimétrée, équilibrée (encore), carrée même, son interprétation est aussi d’une parfaite liberté : ornements discrets, rythmes démultipliés, pensée moderne éclairant le texte ancien. Creuser le texte, les références viennent après : on reconnait là l’élève d’Yvonne Loriot-Messiaen. Seconde remarque, ou plutôt corollaire de la première : Angelich joue Bach au piano sans les scrupules de la génération précédente, traumatisée par les oukases baroqueux. On peut adorer les Goldberg dansant sous les doigts de Scott Ross (au clavecin). Avec lui, on approche des régions plus mystérieuses. Il suffit d’oser le suivre aussi loin.

François Lafon

 

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