Jeudi 22 août 2019
Concerts & dépendances
Montpellier, une ville en or pour René Koering
vendredi 31 décembre 2010 à 00h12

22 935 euros de salaire mensuel en 2009 (71% de plus qu’en 2002), 44 000 euros de droits d’auteur pour la période 2002-2008, 60 000 euros pour la composition de l’opéra Scènes de chasse, 276 000 euros d’indemnité retraite (beaucoup plus que ne le prévoit la convention collective) : c’est ce qu’a gagné le compositeur et homme de radio René Koering en qualité de surintendant de la musique (Opéra + Orchestre) à Montpellier. A gagné, puisque M. le Surintendant, épinglé par la Chambre Régionale des Comptes de Languedoc-Roussillon à l’occasion d’un audit financier rendu public début novembre, et affaibli par la disparition de son ami Georges Frêche, président de la Communauté d’agglomération et du Conseil régional, vient d’annoncer sa démission, un an avant l’échéance de son contrat. Sa riposte « à la Frêche », dans Le Monde du 30 décembre, lui ressemble : "Je ne dévoilerai pas la feuille de paie de mes confrères qui ne dirigent pas un orchestre plus un opéra. Par ailleurs, j'ai lu quelque part les salaires versés par des institutions à des sportifs, qui bénéficient heureusement d'une certaine immunité auprès des journalistes..." Et d’ajouter que si 92,5% des ressources d’Euterp (la société regroupant l’Orchestre et l’Opéra) provenaient en 2007 non des recettes propres mais des subventions locales et nationales, c’est qu’ "Il est plus simple de donner les symphonies de Beethoven et les requiems habituels en y parsemant les Quatre Saisons et les Traviata que de faire entendre Gernsheim, Pizzetti, Xenakis ou Martin y Soler !" De fait, René Koeing était déjà doublé par son successeur, l’artiste polyvalent Jean-Paul Scarpitta, lequel était jusque-là salarié au titre d’artiste en résidence (3 600 euros par mois), sans parler de ses cachets en tant que metteur en scène (30 000 euros pour les représentations de Salustia, de Pergolèse, en 2008). Le plus remarquable, dans tout cela, ce n’est pas tant l’importance des sommes annoncées - enviables pour un salarié moyen mais peu étonnantes au regard des émoluments de bien des dirigeants d’entreprises - que l’insistance avec laquelle elles sont divulguées et pointées du doigt. Bienvenue dans l’ère de la transparence promise par WikiLeaks.

François Lafon