Mercredi 23 octobre 2019
Concerts & dépendances
Matthias Goerne et les lieder en technicolor
jeudi 12 avril 2012 à 10h12

A Pleyel, entre deux étapes de son cycle Schubert avec Christoph Eschenbach au piano, Matthias Goerne panache des lieder orchestrés de Schubert et Strauss avec Paavo Järvi et l’Orchestre de Paris. Des objets un peu kitsch destinés en leur temps à populariser un art pour happy few, les orchestrations fussent-elles signées Brahms ou Webern (pour Schubert) ou Strauss lui-même. Souriant, Goerne a l’air plus détendu qu‘avant d’attaquer Le Voyage d’hiver ou La Belle Meunière. Fausse impression : piano, pianissimo, il reste dans la confidence. Pas d’effets de voix, ou seulement guidés par le texte. Du coup, l’orchestre se fait discret lui aussi. Qui, depuis Dietrich Fischer-Dieskau (mais en moins sophistiqué, en moins fabriqué), est capable d’un tel prodige ? En bis, un An die Musik (Schubert, orchestration Max Reger) d’anthologie. En début et fin de concert, Schumann : l’ouverture de Manfred réorchestrée par Mahler (on reste dans le ton) et la 1ère Symphonie « du Printemps ». Honnêtes exécutions, mais la magie est partie.

François Lafon

Salle Pleyel, Paris, les 11 et 12 avril. Photo © DR