Mercredi 12 août 2020
Concerts & dépendances
Le pianoforte rouge d'Andreas Staier
mardi 15 mai 2012 à 10h10

Aux Bouffes du Nord, Andreas Staier joue les Variations Diabelli de Beethoven. Le pianoforte – copie d’un Conrad Graf de l’époque – se détache en rouge profond sur le rouge patiné des murs. Le son est à l’avenant, net et enveloppé. C’est là toute la différence avec l’enregistrement qui vient de paraître, capté de près, surexposant le jeu très contrasté de l’artiste. Staier au public : « Je suis Allemand, donc, euh, très précis, mais je ne vous expliquerai pas la fonction des cinq pédales de l’instrument ; vous entendrez vous-même. » Au programme du disque (dix variations sur la valse de Diabelli par les musiciens viennois de l’époque, suivies des trente-trois de Beethoven sur ladite valse), il a ajouté les Bagatelles op. 26, testament de Beethoven au clavier. Murmures ravis de la salle, applaudissements même aux effets de harpe ou de percussions, silence recueilli après les énigmatiques dernières notes du chef-d’oeuvre. Staier n’a pas son pareil pour nous faire oublier que Beethoven était le premier à pester contre les instruments de son temps, impuissants selon lui à traduire sa musique intérieure.

François Lafon

 

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