Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Le Messie au Châtelet : le Christ recrucifié
jeudi 17 mars 2011 à 00h28

Un Messie multimédia au Châtelet. Diable ! C’est le plasticien russe Oleg Kulik qui s’y est collé, dans la foulée de son illustration, simpliste mais efficace, des Vêpres de Monteverdi sur la même scène. Mais, le sujet aidant, l’affaire, cette fois, s’est compliquée. Au jeu très postmoderne de Kulik visant à montrer que le Messie est notre contemporain – vitraux en 3 D, tableaux éclatés, ciels étoilés, bandes d’actualités, Jésus danseur au couvre-chef d’idole aztèque et solistes vocaux déguisés en popes –, sont venus s’ajouter les cogitations de quelques cerveaux de poids, tels les philosophes Benoît Chantre, signataire de la dramaturgie, et Michel Serres, qui se lance en personne (et en soutane) dans des prêches interminables autant que redondants. Pour corser le tout, ce n’est pas l’oratorio originel qu’on entend, mais l’épaisse réorchestration de Mozart sur un texte traduit en allemand, exécutée (c’est le mot) par le chef Hartmut Haenchen. Il y a une trentaine d’années, au Théâtre des Champs-Elysées, Pier Luigi Pizzi et William Christie s’étaient lancés dans une mise en espace de la Passion selon Saint Jean de Bach façon défilé de haute-couture ecclésiastique dans Fellini-Roma. Au moins, là, on riait.


François Lafon

Châtelet, Paris, les 17, 19, 20 mars.