Jeudi 23 mai 2019
Concerts & dépendances
La Roque d’Anthéron 1 : le trop et le mieux
samedi 12 août 2017 à 02h08
Doublé Chopin – Beethoven au festival de piano de La Roque d’Anthéron (37ème édition). « Chopin est d’autant plus méconnu que ses exécutants travaillent plus à le faire connaître », écrivait André Gide. Dans le cadre inspirant mais à l’acoustique traîtresse (le son sature vite) du cloître de l’abbaye de Silvacane, le jeune Israélien Iddo Bar-Shaï tente de saisir Chopin sous toutes ses faces, ravive les Mazurkas comme s’il les inventait, plie la 2ème Ballade à sa volonté dominatrice, pilote la Grande valse brillante op. 18 comme un bolide, pour retrouver ses marques en bis dans … Couperin, façon peut-être de rappeler – option très en cours en ce moment - que c’est dans cette filiation que réside le secret de cette musique. Le soir, sur la grande scène champêtre du parc du château de Florans, Lars Vogt dirige du clavier ses formidables musiciens du Royal Northern Sinfonia dans un programme Beethoven. Historiquement informés (cordes sans vibrato, tempos allants) mais sans dogmatisme ni maniérisme, son 2ème Concerto pour piano et – plus fort encore – le réputé insondable 4ème retrouvent la fraîcheur des premières fois. Une divine surprise annoncée en début de programme par une ouverture des Créatures de Prométhée tout en nerfs, et couronnée en bis par Vogt en solo dans l’Aria des Variations Goldberg de Bach, achevant de prouver que ce n’est jamais du trop que procède le mieux. D’ores et déjà, un des concerts de l’année. 
François Lafon

Festival de La Roque d’Anthéron, 11 août (Photo : Lars Vogt © Christophe Gremiot)