Jeudi 22 août 2019
Concerts & dépendances
La Chambre Philharmonique, une certaine vérité
jeudi 25 octobre 2012 à 09h55

A la Cité de la Musique, dans le cycle Hommages (d’un compositeur à un autre, d’une époque à une autre), Emmanuel Krivine dirige Debussy, Ravel et Stravinsky avec La Chambre Philharmonique. Drôle d’orchestre, fondé par Krivine en 2004 autour de la recherche du « son d’époque », d’abord tâtonnant, aujourd’hui très au point. Résultat sonore déroutant tout de même : puissance moindre que les formations modernes, mais solos surexposés, bois et cuivres claquants (on ne s’en plaint pas lorsqu’il s’agit de la trompette de David Guerrier ou de la flûte d’Alexis Kossenko). Au centre du concert, le Concerto en sol de Ravel - hommage à Mozart, Saint-Saëns, Prokofiev et quelques autres, le tout façon jazz - que Bertrand Chamayou joue sur un superbe Pleyel : impression paradoxale de douceur et d’agressivité mêlées, qu’on peut voir comme une certaine vérité de l’œuvre. Même sensation dans Ma mère l’Oye (Ravel) ou Pulcinella (Stravinsky), où l'entrelacs des références, emprunts et pastiches se suit comme un jeu (de l’oie ?). Krivine, toujours heureux lorsqu’il peut secouer les habitudes et idées reçues, est inspiré comme jamais.

François Lafon