Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
La Cerisaie désenchantée
samedi 28 janvier 2012 à 00h29

Nouveau chapitre de la série noire à l’Opéra de Paris : la création de La Cerisaie de Philippe Fénelon, d’après la pièce de Tchékhov. Comme Peter Eötvös, qui avait réorganisé Les Trois Sœurs (1998) en adoptant le point de vue de chacune des sœurs sur la même situation, Fénelon et son librettiste Alexei Panine ont composé une grande variation sur la scène clé du bal, où l’on apprend que la cerisaie est vendue à l’ancien moujik Lopakhine. Une façon d’échapper au temps tchékhovien et à la petite musique qui va avec. L’ennui est que le non-dit - lui aussi essentiel chez Tchékhov -, laisse la place au trop dit, et même au ressassé, sans que le propos soit clair pour autant. La musique est à l’avenant, indiscrète, explicative, référentielle, déjà entendue, et la mise en scène de Georges Lavaudant essentiellement clownesque, sans doute pour montrer qu’on est en Russie, où l’on rit et pleure en même temps. L’ouvrage est d’ailleurs chanté en russe (coproduction avec le Bolchoï de Moscou), ce qui ajoute à la confusion sans lui conférer un quelconque parfum d’authenticité.

François Lafon

A l’Opéra de Paris, Palais Garnier, les 30 janvier, 2, 5, 7, 10, 13 février. Photo © Opéra de Paris