Mercredi 22 janvier 2020
Concerts & dépendances
L’Intercontemporain et le musée des avant-gardes
lundi 11 février 2013 à 00h39

Avatars de la modernité, dimanche soir au Théâtre des Champs-Elysées, pour la prise de fonction de Mattthias Pintscher à la tête de l’Ensemble Intercontemporain : Stravinsky (Huit miniatures, Concertino), Boulez (Le Marteau sans maître), Varèse (Octandre, Déserts). En 1954, même lieu, Pierre Henry, aux commandes des parties enregistrées de Déserts, poussait les manettes pour couvrir le plus beau chahut depuis celui, quarante-et-un ans auparavant, du Sacre du printemps. Aujourd’hui, public clairsemé, mais silence religieux. On écoute les solistes de l’Intercon, on apprécie la technique de chef de Pintscher, plus connu comme compositeur. Du classique, en somme. Le jeu de références de Stravinsky, les timbres miroitants de Boulez (« Du Webern qui sonne comme du Debussy », disait le musicologue Heinrich Strobel), les éruptions sonores de Varèse sont des moments d’histoire, que l’on reconnait comme des éléments fondateurs, mais banalisés par les innombrables « à la manière de » qu’ils ont engendrés. Les avant-gardes sont mortes, restent des oeuvres qui traversent le temps. Celles-ci le font sans problème.

François Lafon

Photo © DR