Vendredi 23 août 2019
Concerts & dépendances
Julian Rachlin, en toute discrétion
samedi 13 octobre 2012 à 00h23

Dans la série « Œuvres » (des classiques et une création) à l’Auditorium du Louvre, Julian Rachlin joue Britten, Beethoven et Richard Dubugnon, avec Itamar Golan au piano. Une pièce avec alto (Britten : Lachrymae, Reflections on a song of John Dowland), une avec violon (Beethoven : 10ème Sonate), une avec alto et violon alternés (Dubugnon), cette dernière baptisée Violiana parce que (en anglais) violin, viola et Julian, plus le suffixe « ana », comme dans les Kreisleriana de Schumann. L’œuvre est énergique et chantante, du contemporain soft propre à mettre en valeur le son riche et la virtuosité transcendante de son dédicataire. Car Julian Rachlin est un artiste phénoménal. Sa 10ème Sonate de Beethoven est à la fois explication de texte (écoutez ses transitions) et grand moment de poésie, son Britten une démonstration des possibilités techniques et expressives de l’instrument mal aimé qu’est l’alto. Vous ne le connaissez pas, ou seulement de nom ? Normal : il n’a pas besoin d’être médiatisé à outrance pour être reconnu comme un des grands virtuoses de l’époque.

François Lafon

Photo © Julia Wesely