Dimanche 23 juin 2024
Concerts & dépendances
Isabelle Faust et Klaus Mäkelä, l’art et la fugue
vendredi 11 février 2022 à 00h35
Folle soirée à la Philharmonie de Paris, et pas seulement parce que Mozart y est à l’honneur. Dirigé par son jeune directeur Klaus Mäkelä et avec, Konzertmeister invité, l’électrisant Raphaël Christ (fils de Wolfram, l’altiste « de » Karajan), l’Orchestre de Paris explore l’art de la fugue, avec Johann Adolf Hasse, compositeur de théâtre jusque dans ce Fugue et Grave où les cordes jouent avec le feu, avec Mozart - Adagio et fugue (ombre et lumière toujours !), datant de l’époque où celui-ci transcrivait des extraits du Clavier bien tempéré de Bach -, avec enfin deux monuments : le Concerto pour violon de Brahms et l’ultime Symphonie de Mozart, la « Jupiter ». Tout naturellement - fruit apparemment d’un travail exemplaire - le jonglage d’un orchestre symphonique « traditionnel » (entendez non baroqueux) avec les styles, chez lui dans la forêt brahmsienne comme dans le jardin mozartien. Chez Brahms justement, Isabelle Faust jongle elle aussi : archet sûr, couleurs choisies, abandon contrôlé et embrasement fulgurant, donnant un "Allegro" final vraiment "giocoso", orchestre et soliste déchaînés. Survolté aussi le "Molto allegro" géant qui clôt la « Jupiter », après un andante et un menuet où le théâtre n’est jamais oublié. Double ovation, avec pour récompense avant l’entracte, un bis de luxe d’Isabelle Faust : un arrangement pour violon et orchestre de la « Romance », cinquième des six Klavierstücke op. 118 de Brahms.
François Lafon
Philharmonie de Paris, Grande Salle Pierre Boulez, 10 février - A écouter sur Arte Maestro pendant un an, sur Radio classique le 19 février, puis en streaming pendant 3 mois (Photo © DR)

 

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