Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Haydn : des Saisons historiques dans une salle historique
dimanche 5 mars 2017 à 17h35
En 1802, un an après la première audition, Breitkopf & Härtel publie Les Saisons de Haydn en deux  éditions : une avec texte en allemand et en anglais, une avec texte en allemand et en français. Une œuvre de ce type est alors chantée dans la langue du pays où on la donne. En France, on entendra pendant longtemps Les Saisons, le plus souvent en extraits, dans celle de Molière, mais pas toujours dans la version de 1802. Pour une exécution intégrale, le retour aux sources est désormais chose faite. A la tête du Chœur et de l’Orchestre « Le Palais Royal », et vraisemblablement pour la première fois au monde, Jean-Philippe Sarcos dirige en ce moment en divers endroits, en leur entier ou presque, Les Saisons « dans la version française d’origine ». On a beau avoir le texte allemand dans les oreilles, on s’habitue vite, ou plutôt, la force de la musique aidant, on perçoit les deux textes à la fois. La qualité des solistes vocaux y est aussi pour beaucoup, transcendant toute question d’idiome. Belles sonorités d’un orchestre avec instruments d’époque, interprétation en résonance avec la partition, notamment dans les moments d’introspection. Une brochure substantielle de plus de cent pages donnait d’importants renseignements sur Haydn, étonnamment mêlés à des approximations et inexactitudes qu’on aurait pu éviter. Amples renseignements aussi sur le premier Conservatoire, fondé en 1795, et son « historique » Salle de concerts édifiée en 1806. A ce propos,  qui était ce Baillot qui, nous dit-on, joua dans cette salle en 1828, lors d’une des premières séances de la Société des concerts du Conservatoire, le concerto pour piano n°2 de Beethoven ? Sûrement pas le célèbre violoniste. Son fils âgé de quinze ans ? « Sunt bona mixta malis » : le titre donné par Haydn à une de ses messes reste d’actualité.
Marc Vignal
 
Salle historique du premier Conservatoire, 3 mars