Mardi 17 juillet 2018
Concerts & dépendances
Gerard Mortier et New York : le prix du divorce
samedi 22 mai 2010 à 09h12

Le New York City Opera, qui vient de rendre publique sa feuille d’impôts pour l’année 2008-2009 (de septembre à septembre), accuse un déficit de 19,9 millions de dollars. Parmi ses débours, le site américain Bloomberg relève une somme de 400 000 dollars octroyée à Gerard Mortier : 65 000 dollars de salaire et 335 000 dollars de separation payment (indemnité de séparation). Embauché en février 2007 alors qu’il était directeur de l’Opéra de Paris, Mortier devait prendre les rênes de la seconde scène lyrique new-yorkaise à la rentrée 2009. Il a déclaré forfait en novembre 2008, au motif que le budget qu’on lui proposait n’était pas à la hauteur de ses ambitions artistiques. A la fin de sa période probatoire, il avait passé une semaine par mois à New York, voyageant en première classe (aller-retour sur Air France : 15 500 euros) aux frais de la maison. Pendant ce temps, les indemnités de départ de l’administrateur artistique et du directeur général du NYCO étaient revues à la baisse. Mortier, qui a depuis été nommé directeur du Teatro Real de Madrid, n’a donc pas tout à fait perdu son temps à New York. Il s’est surtout - et cela, c’est sans prix -, évité des désagréments artistiques qui n’auraient pas tous été dus aux restrictions budgétaires. Avec lui, le petit  NYCO aurait montré au grand MET ce que c’était qu’un véritable opéra du XXIème siècle. Mais l’arrivée du moderne Peter Gelb à la tête du MET a modifié la donne. Mortier aurait eu encore plus de mal, dans ces conditions, à faire admettre aux sponsors que Saint François d’Assise, c’est plus glamour que La Tosca.

François Lafon