Dimanche 26 mai 2019
Concerts & dépendances
Festival de Sablé 2 – Goûts réunis
samedi 26 août 2017 à 01h45
Suite du marathon Sablé : orientalisme annoncé, mais surtout goûts réunis et musiques sans frontières. Dans l’église sans fioritures d’Auvers-Le-Hamon, Olga Pashchenko prend le relais du cycle Telemann avec les Fantaisies pour clavecin. Comme au pianoforte (CD chez Alpha – voir ici), l’élève surdouée d’Alexei Liubimov pratique la véhémence maîtrisée. Elle choisit parmi les trois fois douze pièces (deux séries « italiennes » – vif-lent-vif- encadrant une série « française » - lent-vif-lent) les plus étonnantes, voire les plus déroutantes : comme à la flûte (voir ici), fusion des genres et des cultures. A Brûlon (église Saint-Pierre et Saint-Paul, peinte à fresque), autre sorte d’austérité avec La Sultane par Christophe Rousset au clavecin et quatre membres des Talens Lyriques. Pas très orientale cette sonate en quatuor au ton dramatique de François Couperin, ainsi nommée en hommage à sa dédicataire la duchesse de Bourgogne, laquelle était apparue lors d’un bal costumée en sultane. Musique magnifique cependant, prolongée par L’Impériale (suite et sonade) où Corelli est salué au passage, et par la Suite d’un goût étranger de Marin Marais, où l’on défile sur la "Marche tartare", caresse l’"Arabesque" et se perd dans "Le Labyrinthe". Interprétation de grande classe (avec les violistes Atsushi Sakaï et Marion Martineau) dans des brumes viscontiennes commandées par le filmage pour Culturebox. Plus souriantes, Les Indes galantes de Rameau au Centre culturel de Sablé, grands débuts lyriques de la violoniste et désormais chef Stéphanie-Marie Degand avec son nouvel ensemble La Diane Française. Une version condensée de cet opéra-ballet dont le musicologue Benoît Dratwicki, lors d’une conférence aussi savante que souriante, a justifié la « géométrie variable » pratiquée tout au long de sa vie à éclipses. En fait une version de concert : presque plus un opéra, plus du tout un ballet, mais un plateau vocal sans faiblesse (formidables Mathias Vidal et Thomas Dolié), des personnalités fortes (la violoniste Alice Piérot, Violaine Cochard au continuo) tenues d’une main de fer à laquelle ne manque que le gant de velours dont le percussionniste Keyvan Chemirani donne une idée lors d’un final des « Sauvages » à faire danser les pierres.
François Lafon 

Festival de Sablé-sur-Sarthe, jusqu’au 27 août – La Sultane en replay sur Culturebox.fr - Les Indes galantes ultérieurement sur France Musique