Samedi 20 juillet 2019
Concerts & dépendances
Elan et robustesse d'Osmo Vänskä
vendredi 6 octobre 2017 à 18h25
Composé en 1917, l’année de la Révolution, contemporain de la Symphonie classique, le Concerto pour violon n°1 en ré majeur de Prokofiev n’est créé qu’en 1922 à Paris. Il a entre autres particularités une structure en deux mouvements lents encadrant un mouvement rapide d’un humour agressif et sardonique, et de ne pas privilégier la  virtuosité. L’Orchestre de Paris l’a inscrit à son dernier programme. Il commence et se termine dans la fragilité et le mystère, traits rendus à merveille par le violoniste finlandais Pekka Kuusisto. Ce violoniste - son frère Juukka l’est également, ainsi que chef d’orchestre - a eu la bonne idée de jouer en bis non l’inévitable page de Bach ou d’Ysaÿe, mais une valse tirée de la musique traditionnelle de son pays, tout à fait dans le prolongement des dernières mesures du concerto. Au pupitre, son compatriote Osmo Vänskä.  L’ouverture Helios de Carl Nielsen (1903) est une rareté évoquant le mouvement du soleil dans le ciel du matin en Grèce. Diriger la Symphonie n°2 en mi mineur de Rachmaninov (1908) peut sembler une gageure. Composée pour l’essentiel à Dresde dans une atmosphère d’épanouissement créateur, elle dure plus d’une heure, mais sa  prolixité est largement compensée par son souffle épique. Osmo Vänskä l’a interprétée sans coupures, et il a eu raison, les coupures ayant souvent comme effet paradoxal et pervers non de raccourcir mais de rallonger une œuvre. Et dans les épisodes rapides, l’élan et la robustesse étaient au rendez-vous, ainsi qu’à la fin l’énergie rayonnante. En fin de compte, applaudissements nourris pour la musique et le chef.
Marc Vignal
 
Philharmonie de Paris, 5 octobre (Photo © DR)