Lundi 17 décembre 2018
Concerts & dépendances
Bohème, notre jeunesse, l'Opéra Comique nouveau régime
mardi 10 juillet 2018 à 00h21
A l’Opéra Comique, seul théâtre encore ouvert dans le désert musical qu’est Paris l’été : Bohème, notre jeunesse, d’après Giacomo Puccini. Une production maison (avec Rouen et Versailles) appelée à tourner, tels les spectacles de l’Opéra Comique « ancien régime », dans des lieux où l’opéra ne passe généralement pas, une version « plus intime, plus accessible et plus sensible à la condition féminine » selon la metteur(e) en scène Pauline Bureau et le compositeur Marc-Olivier Dupin, auteur habile de la réduction pour treize instruments et huit solistes (une heure et demie sans entracte, l’original dure à peine vingt minutes de plus). Une Bohème jeune chantée (en français) par des jeunes et s’adressant aux jeunes donc (ce qui évite l’habituel spectacle de chanteurs mûrs se livrant à des facéties d’adolescents attardés), dans le style des productions de l’ARCAL grâce auxquelles tout un public a découvert l’opéra : pas de transposition de l’action (nous sommes aux antipodes de la relecture « spatiale » de Claus Guth  à l’Opéra Bastille – voir ici), seulement la volonté - scénographie vidéo à l’appui - de jeter une passerelle entre 1898 (création à Paris, salle Favart) et 2018. Reste justement que cette Bohème de chambre a un peu de mal à trouver ses marques dans le cadre tout de même assez vaste de Favart (l’ouvrage grandeur nature y a été donné 1522 fois avec quatre-vingts Rodolphe et cent-quatorze Mimi), ce qu’on ne saurait imputer à la direction sans pathos d’Alexandra Cavero, ni aux  chanteurs dont tous seraient à citer, l’émouvante Sandrine Buendia (Mimi) en tête. On ne saurait non plus reprocher à ces derniers de posséder une trop bonne diction pour nous épargner quelques mises à jour du texte (« Je refais la déco du resto », chante Marcel) qui feraient presque regretter la vieille traduction de Paul Ferrier.
François Lafon 

Opéra Comique, paris, jusqu’au 15 juillet. Tournée dans toute la France jusqu’en 2019 et au-delà (Photo©Pierre Grosbois)